Notes : J'aimerais dédier ce texte à une personne que je chéris de tout mon cœur et que je considère comme faisant véritablement partie de ma famille. J'ai rassemblé les bribes de souvenirs que je possédais d'une idée d'histoire pour créer celle-ci, en espérant que le résultat soit acceptable.

Les personnages de cette petite histoire ne sont pas en couple, et ne le seront sûrement jamais puisqu'elles sont normalement cousines et qu'ici, leur relation est purement fraternelle !

Je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est pour vous souhaiter une agréable lecture !


Ma sœur

Lorsque la sonnerie annonçant la fin des cours retentit, Azurianne se redressa de sa chaise sans même attendre que le professeur ait fini de parler, tout comme le reste de ses camarades. Elle rassembla le peu d'affaires qu'elle avait sorti au cours de cette dernière heure avec empressement et une fois cela fait, quitta la salle de classe sans un regard en arrière.

Elle descendit les escaliers la menant à l'extérieur puis courut pour atteindre la sortie du collège, là où sa véritable libération se trouvait. Une fois celle-ci atteinte, elle se mit à courir sans s'arrêter pour atteindre sa maison, ne faisant même pas attention au fait que ses écouteurs soient mal branchés. Elle était tant pressée de rentrer chez elle qu'elle se fichait bien de ce qui l'entourait.

Enfin rentrée dans la maison qu'elle habitait avec ses deux parents, elle jeta nonchalamment ses chaussures dans le placard d'entrée ainsi que sa veste, traînant son sac de cours derrière elle comme s'il s'agissait d'un vulgaire sac à patates.

Comme toujours, elle était seule. Ses parents travaillaient tous les deux assez tard, Azurianne était donc livrée à elle-même pendant un bon moment.

Sans même prendre le temps de trouver quelque chose à se mettre sous la dent, la collégienne partit immédiatement dans sa chambre où son sac à dos subit le même sort que ses chaussures et sa veste un peu plus tôt, allant rencontrer la surface dure qu'était le sol de la pièce. Elle alluma immédiatement l'ordinateur portable posé sur le bureau où régnait un désordre sans nom, patientant pendant que la machine s'allumait en tournant sur sa chaise à roulettes.

Lorsque l'ordinateur fut parfaitement allumé, elle se connecta immédiatement à Discord et cliqua sur le premier nom de sa liste de contacts pour lui envoyer un message.

Azury a écrit : Coucou Dreamy !

Il ne fallut que quelques secondes pour que la fameuse « Dreamy » se mette à écrire, sa réponse mettant à peine quelques instants supplémentaires à s'afficher sur l'écran d'Azurianne.

Dreamy a écrit : Coucou toi ! Alors les cours, ça a été ? ^^

Azury a écrit : Naaaan chiants comme d'habitude TwT

Dreamy a écrit : Tu me racontes tout ça maintenant ? Je suis dispo pour vocal si tu veux !

Azury a écrit : Owiiii !

Il fallut moins d'une demi-seconde à la collégienne pour cliquer sur le bouton d'appel. Elle enfila son casque maladroitement, attendant impatiemment d'entendre la voix de son amie adorée.

« Coucou petite Azury ! »

La concernée sursauta en entendant aussi vite la voix de son amie dans son casque.

« Coucou Dreamy, répondit maladroitement la jeune fille.

-Alors, qu'est-ce qui t'es arrivé de si terrible aujourd'hui ? demanda tendrement son interlocutrice.

-Oh bah comme d'habitude, j'ai eu un contrôle de math en première heure et je crois que je l'ai raté, mais bon je me rattraperai au prochain j'imagine. Ah oui, aussi c'était infect à la cantine ce midi du coup j'ai rien avalé depuis ce matin.

-Vraiment ? Tu n'as même pas encore mangé ? s'enquit la dénommée Dreamy.

-Nan, j'étais trop pressée de te parler, avoua honteusement la jeune fille.

-Tu devrais aller manger quelque chose, tu sais ? Je suis à toi toute la soirée, alors je ne bouge pas d'ici en attendant que tu ailles grignoter quelque chose.

-Maaiiiis… Bon, d'accord, grommela faussement Azurianne. »

À contre-cœur, la collégienne se rendit dans la cuisine où elle se prépara des tartines de chocolat, de quoi assouvir sa faim pour un petit moment. Elle les engloutit en un temps record afin de ne pas déranger son amie avec des bruits de mastication puis revint derrière son ordinateur où comme convenu, la dénommée Dreamy l'avait attendue.

Après avoir échangé sur leur journée respective, elles décidèrent de dessiner ensemble, ou du moins de partager mutuellement ce qu'elles faisaient. Après tout, c'était cette même passion qui les avait rapprochées à ce point.

« J'ai fait quelques gribouillis en cours d'histoire, mais rien de bien éblouissant, expliqua la plus âgée d'une voix pensive. Enfin j'en suis quand même assez fière donc je pense que je vais les liner. T'en penses quoi ? »

Azurianne reçut des photos quelques instants après, d'une page de cours parsemée de petits dessins gribouillés au stylo. Azurianne arbora une mine éblouie, ne se privant pas pour exprimer son admiration. La plupart de ces petits dessins représentaient des personnages aux styles plus déjantés les uns que les autres.

« Je suis jalouuuuse moi aussi j'aimerais dessiner aussi bien, se lamenta la collégienne.

-Mais ne t'en fais pas pour ça, tu dessines déjà tout aussi bien, lui assura son amie avec un sourire dans la voix.

-Si tu le dis... »

Tout en contemplant les dessins, la jeune fille se remémora leur rencontre. Cela faisait déjà un an et demi qu'elles se connaissaient et rien ne semblait pouvoir les séparer. Elles s'étaient connues sur un groupe de dessin et depuis, se parlaient à chaque occasion. Pas une journée n'était passée sans qu'elles ne s'adressent la parole, pourtant Azurianne était toujours très excitée à l'idée de parler à son amie si chère à son cœur. À vrai-dire, elle la considérait davantage comme une grande sœur que comme une amie. Elle l'adorait, évidemment. Mais dès qu'elle avait le moindre problème, c'était toujours vers Dreamy qu'elle se réfugiait. Elle était toujours de bon conseil et lui donnait tellement d'amour que la jeune collégienne avait fini par la considérer comme faisant véritablement partie de sa famille !

La soirée se déroula calmement, elles dessinèrent ensemble en s'amusant, comme à leur habitude.

« N'empêche, ce serait trop bien qu'on se rencontre en vrai un jour ! s'exclama tout à coup Azurianne.

-Ahah, ça ne va pas être possible avant un moment, il y a tout de même sept heures de trajet en train qui nous séparent, répondit la plus âgée avec douceur, comme à son habitude.

-Je sais, mais bon on a le droit d'imaginer que ça puisse arriver, pas vrai ?

-En effet. J'aimerais bien te voir en vrai pour te faire de gros câlins ! »

Après cela, la dénommée Dreamy fut appelée à table par ses parents. Elle dû ainsi abandonner son amie pour la soirée, lui promettant de la rappeler dès le lendemain.

« A demain petite Azury.

-A demain, grande sœur ! »

Lorsque l'appel se coupa, Azurianne poussa un immense soupir en tournant son regard vers le sac qu'elle avait abandonné quelques heures plus tôt. Elle allait vraiment devoir se pencher sur ses devoirs, maintenant qu'elle n'avait plus sa sœur adorée pour l'en distraire…

Le temps passait et les deux jeunes filles continuaient de se parler sans que rien ne puisse les séparer. Azurianne caressait secrètement l'espoir de pouvoir rencontrer son amie dans un futur proche, mais ses parents ne cessaient de lui rappeler qu'elle ne l'avait jamais rencontrée physiquement, qu'elle habitait loin et que les billets de train coûtaient atrocement cher dans un sens comme dans l'autre. De plus, ils n'aimaient pas l'idée que leur enfant passe autant de temps avec une inconnue.

« Les vrais amis, ça se fait dans la vraie vie, par sur internet ma chérie. »

Mais la collégienne n'en avait que faire. Elle voulait tellement rencontrer son amie si chère à son cœur ! Alors, sa mère avait fini par lui dire en soupirant qu'elles en discuteraient sérieusement pour les vacances d'été, ce qui avait empli Azurianne de bonheur.

Elle s'était donc empressée de partager cette grande nouvelle avec Dreamy.

« Ma mère a dit qu'on en discuterait sérieusement pour cet été !

-Génial ! s'exclama son amie. De mon côté, mes parents sont d'accords pour que tu viennes ou que je parte, à condition que je paie mon propre billet de train.

-Roh… Tes parents sont franchement plus sympas que les miens, râla la jeune fille.

-Mais non, tes parents sont juste très prudents et ils ont raison, lui expliqua la plus âgée.

-Sûrement… Oh, ça me fait penser que ce week-end ils s'en vont pour une conférence ou un truc du genre…

-Oh, tu vas être toute seule alors ? s'étonna Dreamy.

-Malheureusement non. Un ami à eux va venir ici pour pas que je sois toute seule, ça me gonfle. J'ai quatorze ans, j'suis une grande fille sérieux !

-Un ami de tes parents ? Tu le connais ?

-Pas vraiment, avoua Azurianne. Mais c'est un ami proche de mes parents donc ils ont confiance en lui. »

Mais elle, elle n'avait pas confiance en lui. Les rares fois où elle l'avait croisé, il ne lui avait pas inspiré de sympathie en tout cas. Il s'alcoolisait beaucoup trop à son goût. Elle garda cependant tout cela pour elle, estimant que son amie n'avait pas à connaître toutes ses inquiétudes.

Comme convenu, le week-end suivant, Azurianne se retrouva seule chez elle avec l'ami de ses parents. Ce dernier lui avait préparé à manger puis s'était installé dans le salon pour travailler sur son ordinateur. La demoiselle se rendit alors dans sa chambre pour sortir sa tablette graphique et ainsi dessiner en se plongeant dans la musique.

Néanmoins, en début de soirée, elle commença à se sentir anxieuse. Elle avait entendu l'ami de ses parents se lever à de multiples reprises pour se rendre dans la cuisine, sûrement dans l'optique de se servir à boire, ce qui avait découragé la collégienne à descendre les escaliers pour prendre un goûter digne de ce nom. Il n'était pas venu l'embêter de toute l'après-midi et cela l'arrangeait plutôt bien mais l'entendre désormais faire des allers et retours la rendait anxieuse sans qu'elle ne puisse se l'expliquer.

Son sentiment de mal-être se renforça quand elle entendit des bruits de verres cassés ainsi que des cris de colère qui la terrorisèrent. Elle saisit son téléphone et appela sans réfléchir son amie Dreamy, suppliant à voix-basse pour que celle-ci décroche au plus vite.

« Allô ?

-Dreamy j'ai peur ! Y a des bruits de verres cassés et il crie et…

-Du calme, je ne comprends pas tout… Tu es chez toi, là ?

-Oui, et l'ami de mes parents aussi et je crois qu'il casse des trucs en bas et il crie, sanglota la demoiselle affolée.

-D'accord. Alors dans un premier temps, essaie de te mettre à l'abri et envoie un message à tes parents pour leur expliquer ce qui se passe, okay ?

-O-oui, susurra la collégienne. »

Elle verrouilla la porte de sa chambre et s'apprêtait à composer un message à l'adresse de ses parents quand elle entendit son nom être hurlé depuis l'étage du bas.

« J-j-j-j-je fais quoi là ?! s'affola Azurianne.

-Je sais que c'est difficile mais il faut que tu essaies de garder ton calme, lui expliqua son amie qui semblait tout autant paniquée qu'elle. Je… Mets toi à l'abri et surtout ne bouge pas, d'accord ?

-Me laisse pas s'te plaît, l'implora la plus jeune alors que sa gorge se serrait douloureusement.

-Je te promets que je ne vais pas raccrocher, je reste avec toi Azury. »

Légèrement rassurée par ces propos, la collégienne trouva refuge dans son armoire qu'elle veilla à fermer, faisant de son mieux pour ne pas paniquer.

« Il monte, je l'entends, murmura Azurianne dont la respiration se faisait de plus en plus anarchique. J'suis sûre qu'il va venir me tuer et mes parents retrouveront mon corps ou…

-Si tu ne fais pas de bruit, il va sûrement se calmer... »

Malgré l'assurance qu'elle essayait de montrer, Dreamy semblait tout autant paniquée que son amie.

« Azury ? »

N'entendant pas de réponse, elle décida de réitérer son appel mais sa jeune amie la coupa.

« Il est là, juste là, susurra-t'elle. »

Les choses se déroulèrent ensuite extrêmement vite. La porte de l'armoire dans laquelle la collégienne s'était réfugiée s'ouvrit pour dévoiler l'ami de ses parents, complètement ivre et un air dément collé au visage. La demoiselle poussa un hurlement de terreur qui glaça le sang de son interlocutrice.

« HIKARI A L'AIDE ! »

Elle voulut courir pour échapper à l'emprise de l'homme, mais ce dernier l'attrapa par la chevelure et fracassa sa tête contre le mur le plus proche. Il donna ensuite un violent coup de pied au téléphone encore en appel, brisant ce dernier.

Azurianne perdit connaissance, tandis que la douleur se répandait dans son corps à une grande vitesse.

Lorsque ses yeux s'ouvrirent à nouveau, elle fut surprise de voir un plafond blanc en levant les yeux. Lorsqu'elle redressa légèrement la tête pour voir où elle se trouvait, elle fut assaillie par un violent mal de crâne. En voulant ramener ses mains contre elle, elle remarqua que ses bras étaient recouverts de bandages. Elle redressa finalement la tête pour observer son environnement et constata avec stupeur qu'une jeune demoiselle était assise à l'autre bout de la pièce, la fixant avec inquiétude.

« Euh… ? »

Alors qu'elle s'apprêtait à lui demander qui elle était et ce qu'elle faisait ici, elle entendit un bruit de chaise renversée. En tournant la tête en direction du bruit, elle aperçut sa mère qui semblait au bord des larmes, ainsi que son père qui se retrouvait dans un état sensiblement similaire.

Ses deux parents l'étreignirent avec force en lui présentant des excuses pour tout ce qui était arrivé. Azurianne n'y comprit pas grand-chose puisqu'elle était encore à moitié endormie, mais elle se sentit apaisée par cette douce étreinte.

Finalement, sa mère se tourna vers la jeune fille assise à l'autre bout de la pièce qui semblait assez nerveuse si l'on en croyait ses jambes tremblantes.

« Si ton amie n'avait pas été là, je ne sais pas ce qu'il se serait passé…

-Mon amie ? »

La collégienne pencha la tête sur le côté, l'air de ne pas comprendre.

« Eh bien ! C'est ton amie Hikari qui a appelé la police puis qui nous a appelé nous ! Sans elle, je… oh, je n'ose imaginer ce qui aurait pu t'arriver ! Tu es déjà tant blessée… Mais grâce à elle, tu es en vie ! Tu as intérêt à la remercier, d'autant qu'elle a fait sept heures de train pour pouvoir être là ton réveil !

-Hikari ? »

Le temps que l'information parvienne jusqu'à son cerveau, la jeune fille réalisa que son amie, sa grande sœur adorée, se trouvait là, juste là, dans la même pièce qu'elle. Sans réfléchir, elle tendit les bras en direction d'Hikari qui ne put pas résister bien longtemps avant d'accourir pour l'étreindre de toutes ses forces.

« Oh, Azury j'ai eu si peur…

-Tu as… fait tout ça pour moi ? s'enquit la plus jeune, les yeux larmoyants.

-Oui, lui assura la plus âgée avec douceur.

-Mais… comment t'as trouvé mon adresse et le numéro de mes parents ? »

Étonnée par cette question sortie de nulle part, Hikari éclata d'un rire franc, sous l'œil incompréhensif de sa cadette.

« Tu sors du coma et c'est la première question qui te passe par l'esprit ?

-Ben quoi ! J'ai le droit de vouloir savoir, non ? s'offusqua faussement Azurianne.

-Ah la la… Bon, alors si tu veux tout savoir j'ai trouvé ton adresse au dos d'une des lettres que tu m'avais envoyé, et pour le numéro de tes parents tu me l'avais donné il y a quelques temps au cas où mes parents voulaient les joindre pour parler de notre projet de rencontre. Satisfaite ?

-Très. »

La plus jeune étreignit à nouveau son amie, en se lovant tout contre elle. Bien que surprise au début, cette dernière finit par lui rendre son câlin en lui embrassant le front avec gentillesse.

« Je t'ai toujours dit que je serais toujours là pour toi et ce n'est pas près de changer, petite sœur. »