Chapitre 7 : Face aux ténèbres

Jack et Voltaire restaient pétrifiés devant la fenêtre fracturée et la chambre vide d'Ellen et Arianna. Ils ne se rendaient même plus compte qu'ils étaient à présent gelés de la tête aux pieds.

- Je-vais-aller-demander…-à-la-dame-qui-passe-juste-là-si…-elle-a-vu-ou-entendu-quelque-chose…, dit Voltaire en se précipitant vers une habitante du village qui marchait lentement sur le chemin devant l'auberge.

Jack tourna alors sa lampe de poche vers la dame pour l'éclairer. Elle avait le même regard vide que le réceptionniste, avec les mêmes cernes autour des yeux, et elle émettait des grognements de temps à autre tout en marchant comme… les mort-vivants qu'ils avaient croisés dans la forêt. Jack s'apprêta à crier à Voltaire de ne pas s'approcher d'elle mais apparemment, ce dernier avait aussi remarqué le comportement étrange de cette dame car il s'arrêta net, dérapant légèrement sur la glace. Il se trouvait désormais à un mètre d'elle. Cette dernière avait entendu les bruits de pas de Voltaire et elle le fixait désormais de ses yeux blancs. Voltaire recula lentement de quelques pas mais c'était trop tard. Sans prévenir, elle se jeta à toute vitesse sur lui, les bras tendus en avant pour essayer de l'attraper. Voltaire poussa un hurlement de terreur et il courut en direction de la porte d'entrée de l'auberge qu'il claqua derrière lui.

La dame s'intéressa alors à Jack, qui pointait toujours le faisceau de sa lampe sur elle. Elle se mit à courir dans sa direction, non sans trébucher sur la route inégale. Jack restait figé sur place, ne sachant que faire. Il était coincé dans cette ruelle étroite et ne pouvait se permettre de passer à côté de la dame sans risquer à coup sûr de se faire attraper. Il commença par éteindre la lampe de poche pour ne plus attirer l'attention sur lui, même si c'était déjà trop tard, puis une idée lui traversa l'esprit. Il se décida à bouger quand elle ne fut plus qu'à deux mètres de lui. Il prit son élan et se jeta tête la première à travers l'ouverture de la fenêtre brisée, se coupant les mains et les jambes dans le processus. Cependant, il n'avait pas été assez rapide, car la dame réussit à attraper son pied gauche qu'elle tira vers elle avec force. Elle s'apprêtait à mordre dans le pied nu de Jack quand celui-ci lui donna un violent coup dans le visage avec son pied libre, ce qui lui fit lâcher prise. Jack glissa alors de tout son long sur le plancher froid de la chambre. Il se mit à respirer profondément, prenant gentiment conscience de ce à quoi il venait d'échapper. Il se releva, tremblant de froid et de peur, et alla ouvrir la porte de la chambre dont la clé se trouvait de son côté dans la serrure. Il fut accueilli par un doigt projetant des éclairs jaunes directement pointé sur sa figure.

- Ah, c'est-toi, lui dit Voltaire en abaissant son bras. J'ai-cru-qu'un-de-ces-monstres-avait-réussi-à-entrer.

- Non, ce n'est que moi. Par contre, on ferait mieux de refermer rapidement cette porte à clé si on ne veut pas que l'auberge se retrouve envahie de gens transformés en mort-vivants qui ont imité mon passage rocambolesque par la fenêtre.

Jack referma la porte de la chambre derrière lui pendant que Voltaire faisait rapidement le tour de toutes les autres pièces du rez-de-chaussée pour s'assurer que toutes les fenêtres et les portes étaient bien fermées. Ils prenaient garde de n'allumer aucune lampe ni de se déplacer devant aucune fenêtre pour ne pas se faire repérer depuis l'extérieur, si bien qu'ils marchaient à quatre pattes, à tâtons dans le noir. Une fois qu'ils furent certains qu'ils étaient bien enfermés à double tour à l'intérieur de l'auberge, ils allèrent s'asseoir à une table près de la réception pour discuter de la suite des opérations.

- Qu'est-ce-que-c'est-que-cette-histoire-de-fou ? demanda Voltaire en se balançant sur sa chaise. Luc-nous-avait-dit-que-son-village-était-plus-sûr-que-la-Forêt-des-Ténèbres-mais-c'est-bien-la-preuve-qu'on-ne-peut-faire-confiance-à-personne.

- Moi je lui fais confiance, rétorqua Jack en se remémorant la conversation qu'il avait eue avec Luc sur le bateau. Je pense que la personne derrière tout ça est la même que celle qui réanime ces cadavres pour les expédier sur le continent. Et je crois même avoir une petite idée de qui il s'agit.

- Ah-bon ? demanda avidement Voltaire en arrêtant de se balancer et en s'approchant de Jack. Et-ce-serait-qui-d'après-toi ?

- Je soupçonne fortement le type étrange que j'ai rencontré cet après-midi avec Ellen, dit Jack d'un air sombre en se rappelant le comportement bizarre et agressif qu'affichait cet homme quand ils lui avaient posé des questions à propos des deux voleurs.

- Tu-veux-dire-celui-qui-possède-la-maison-en-ruine, celle-à-l'écart-du-village ? demanda Voltaire en se rapprochant encore un peu plus de Jack.

- Exactement. Il a dû passer à l'étape supérieure de son plan machiavélique quand il s'est rendu compte qu'Ellen et moi étions à la recherche de la crystorite volée. Il veut nous empêcher de partir à la recherche des deux bandits qui ont transité chez lui alors il a kidnappé nos amis, expliqua Jack en se remémorant l'ombre mystérieuse postée derrière la fenêtre condamnée qui les avait observés tous les six. Je pense même qu'il nous réservait le même sort en envoyant le réceptionniste à notre porte pour qu'il nous emmène avec lui mais sans le vouloir, on a contrecarré ses plans. Mais ce ne sont que des suppositions, il va falloir qu'on confirme ce que j'avance. Et pour le faire, j'ai bien peur que l'on doive ressortir dehors pour essayer de retrouver ce type et par la même occasion nos amis, termina Jack sur un ton grave.

- J'espère-qu'ils-n'ont-pas-été-transformés-en-monstre-comme-la-dame-qui-nous-a-attaqués-tout-à-l'heure. Tu-imagines-si-le-sort-qu'on-leur-a-jeté-n'est-pas-réversible-et-qu'ils-restent-des-sortes-de-mort-vivants-qui-aiment-la-chair-humaine ? dit Voltaire en tremblant.

Justement, Jack essayait de ne pas trop penser à cette éventualité. S'il apprenait que ses amis étaient perdus à jamais, il perdrait tout envie de se battre, toute envie de vivre… . Jack secoua la tête pour effacer les pensées morbides qui s'étaient mises à y tourner en boucle. Ce n'était pas le moment de céder à la panique. Il fallait plutôt qu'il trouve coûte que coûte une solution pour sauver ses amis. C'est ce que ferait un véritable héro. Ces derniers mots redonnèrent espoir à Jack et il se leva d'un bond.

- Viens, il ne faut pas qu'on traîne ici. On retourne dans notre chambre pour s'équiper puis on partira à leur recherche, dit Jack en se précipitant vers l'escalier.

- Bien-reçu ! répondit Voltaire en le suivant de près.

Ils montèrent tous deux les marches quatre à quatre jusqu'à arriver au dernier étage. Jack ouvrit la porte fermée à clé de leur chambre. Ils s'habillèrent chaudement et Jack vissa sur sa tête sa casquette porte-bonheur. Ils fourrèrent chacun leur crystorite respective dans leur poche et prirent leur lampe de poche au cas où, mais ils n'avaient pas l'intention de s'en servir (en tout cas pas tout de suite, pour éviter d'attirer les monstres directement sur eux, comme Jack en avait fait la douloureuse expérience, les blessures de ses mains et de ses jambes ne le lui rappelaient d'ailleurs que trop).

- Prends cela aussi, dit Jack en fourrant dans les mains de Voltaire le détecteur qui était toujours dissimulé sous la pile d'habits. On a tous ce qu'il faut ? Alors, allons-y.

Ils refermèrent la porte de leur chambre derrière eux puis descendirent l'escalier à vive allure en faisant attention de ne pas tomber dans la pénombre. Tandis qu'ils s'apprêtaient à atteindre le rez-de-chaussée, une forme leur barra le passage. C'était le réceptionniste qui s'était réveillé de l'électrocution qu'il avait subi auparavant ! Jack et Voltaire ne s'étaient même pas rendu compte qu'il n'était plus devant leur chambre. Il restait quatre marches à descendre à Jack et au lieu de cela, il les sauta et vint frapper de ses pieds joints la poitrine du réceptionniste qui avait tendu les bras en avant pour tenter de l'attraper. Le choc fut si violent que le réceptionniste vola à travers la pièce et alla s'écraser dans la porte d'entrée de l'auberge dans un craquement sinistre. Puis il s'effondra sur le sol, à nouveau inconscient. Voltaire rejoignit Jack au pied de l'escalier et l'aida à se relever.

- Ben-dis-donc, il-ne-faut-pas-t'embêter-toi ! lui dit Voltaire, admiratif. Tu-pourrais-m'apprendre-deux-ou-trois-mouvements-dans-ce-genre-là ? ça-peut-toujours-servir-en-cas-d'invasion…

- Si tu veux, répondit Jack avec un sourire.

Maintenant que la voie était libre, ils s'approchèrent de la porte d'entrée, poussèrent sans ménagement le réceptionniste toujours inerte sur le côté et entre-ouvrirent la porte de quelques centimètres pour voir au dehors. La lune qui brillait haut dans le ciel éclairait les alentours d'une lumière blanche presque irréelle.

- C'est là que ton détecteur entre en jeu, murmura Jack à Voltaire tandis que ce dernier le sortait de sa poche. On pourra vérifier qu'aucun monstre ne s'approche trop près de nous mais s'il te plaît, vérifie qu'il est bien sur silencieux !

- Voilà, il-est-allumé-et-complètement-silencieux. Si-seulement-j'avais-réussi-à-modifier-la-couleur-des-points-en-fonction-de-la-crystorite-qui-est-détectée. On-aurait-pu-retrouver-nos-amis-en-un-rien-de-temps, se lamenta Voltaire.

- Ce sera un point à améliorer, dit Jack qui scruta à nouveau la rue devant l'auberge.

- Il-y-a-quelques-points, mais-ils-sont-loin-de-nous, commenta Voltaire tandis qu'il collait son visage contre l'écran pour mieux distinguer les points.

- Et je ne vois personne dans la rue, allons-y ! murmura Jack en ouvrant grand la porte.

Ils sortirent pliés en deux et allèrent se réfugier à l'ombre de la maison voisine. De là, ils regardèrent quelques villageois passés. Ils étaient dans le même état que le réceptionniste ou la dame. Ils traînaient les pieds et semblaient un peu déboussolés. Il leur arrivait même parfois de se rentrer dedans, comme si ils n'étaient plus maîtres de leurs propres mouvements. Mais aucune trace de leurs amis. Ils se faufilèrent ainsi de maison en maison, scrutant les environs à chaque fois. Voltaire gardait les yeux rivés sur son écran pour être sûr de ne manquer aucun point blanc.

- Il-faut-qu'on-fasse-attention, chuchota Voltaire à Jack en lui montrant son détecteur. Les–monstres-se-concentrent-autour-de-cette-zone-dont-on-se-rapproche-dangereusement. Ce-sera-plus-difficile-de-les-éviter-à-présent.

En effet, Voltaire montrait à Jack une zone qui semblait être le point de rassemblement de tous les monstres du village. Jack était sûr qu'ils pourraient aussi trouver l'homme balafré à cet endroit, Jack et Voltaire se mirent donc d'accord pour s'approcher prudemment de l'attroupement.

Le détecteur n'indiquant personne à proximité, Voltaire se releva et quitta leur cachette sans décoller les yeux de son écran lumineux. Il entra alors en collision avec l'un des monstres qui se trouvait juste au coin de la maison et tomba à la renverse. Jack vit son ami tomber au sol et il se leva d'un bond pour aller l'aider. Voltaire reprit ses esprits et leva une main qui lançait des éclairs menaçants en direction de la personne qu'il venait de bousculer. Mais quand il réalisa qui il avait en face de lui, sa main se mit à trembler et les éclairs finirent par disparaître. C'était Arianna, qui avait été changée elle aussi en monstre. Maintenant, ils savaient ce qui était arrivé aux autres qui avaient mystérieusement disparu… . Voltaire était incapable de lui faire du mal, il se mit donc à reculer lentement à tâtons tandis qu'Arianna s'approchait de plus en plus de lui. Elle finit par se jeter sur lui quand elle fut suffisamment proche tandis que Voltaire plaçait ses bras devant lui pour se protéger. Jack ne pouvait pas rester là sans rien faire, il décida donc d'intervenir. Il attrapa Arianna avant qu'elle n'atteigne Voltaire et la projeta gentiment au sol. Puis, il saisit Voltaire par sa veste et le releva de force.

- Désolé Arianna, murmura Jack tandis qu'il déguerpissait à toute jambe en sens inverse avec Voltaire.

Mais s'enfuir ne servait à rien. Le raffut qu'avait fait Voltaire en tombant avait attiré toute l'attention des monstres sur eux, si bien qu'ils commençaient à les encercler de toute part. Jack et Voltaire se placèrent dos à dos tandis que les monstres leur faisaient face et se rapprochaient toujours un peu plus.

- Tu arriverais à lancer une puissante décharge qui pourrait tous les mettre KO d'un coup ? demanda Jack à Voltaire avec espoir. Parce que là, ça nous serait vraiment utile…

- Mon-père-et-mon-grand-frère-arriveraient, mais-je-n'ai-pas-encore-assez-de-puissance-pour-ça… . Si-seulement-j'avais-passé-un-peu-plus-de-temps-à-m'entraîner-plutôt-que-de-construire-mes-gadgets, peut-être-que-j'en-aurais-été-capable. C'est-ce-que-mon-père-me-reprochait-toujours-et-je-ne-l'ai-jamais-écouté. Par-contre, je-sais-lancer-des-éclairs-qui-pourraient-en-court-circuiter-une-dizaine-d'un-coup, estima Voltaire en produisant des éclairs jaunes sur toute la surface de son corps.

- C'est mieux que rien, dit Jack en levant ses poings devant lui pour combattre les monstres à main nue.

Mais soudain, tous les monstres s'immobilisèrent. La rue était devenue si calme que Jack et Voltaire n'entendaient plus que leur respiration saccadée.

- Ah, voilà les deux personnes que je convoitais le plus pour ma collection. Ça fait toute la nuit que j'essaye de vous mettre la main dessus, sans succès. Mais j'étais sûr que vous tenteriez quelque chose de stupide pour sortir vos amis de ce pétrin. Il suffisait que je prenne mon mal en patience…, dit une voix tonitruante au milieu du silence qui régnait.

Un homme s'approchait d'eux, écartant les monstres qui se trouvaient sur son passage sans ménagement. Et devinez qui c'était ? Eh oui, le type inquiétant que Jack avait rencontré plus tôt dans la journée avec Ellen. Cet homme tenait dans son poing une crystorite noire qui brillait d'une faible lueur violette, tout comme ses yeux. De cette pierre se dégageait une brume noire, la même que celle qui enveloppait tous les monstres. Il affichait un sourire triomphant et s'arrêta quand il ne fut plus qu'à deux mètres de Jack et Voltaire.

- Pourquoi vous faites ça ? lui demanda Jack en rassemblant tous son courage. Vous vous en prenez aux habitants de votre propre village et à mes amis. Et je parie en plus que c'est vous qui êtes derrière l'invasion de mort-vivants de la Forêt des Ténèbres !

- Tu es plutôt perspicace pour un gamin. Vois-tu, disons que j'ai des envies de grandeur que ce pathétique village ne peut m'offrir. Je ne voulais pas en arriver là, dit l'homme en montrant de la main les monstres qui se trouvaient autour de lui, mais c'est TOI qui m'as forcé à le faire, ajouta l'homme en pointant Jack du doigt. Tu apprendras à l'avenir que la curiosité est un vilain défaut. Tu n'aurais pas dû t'intéresser de trop près à moi et encore moins aux deux hommes qui transportaient ce coffre dont tu connais apparemment l'existence. C'est étonnant, car ils m'avaient assuré que personne ne les avait vus quand ils l'avaient dérobé. Mais ça n'a pas d'importance. Leur larcin et mon invasion de mort-vivants sur le continent ne sont que des étapes d'un plan plus grand pour écraser les Nations existantes afin que l'on puisse enfin imposer notre pouvoir. Cela fait trop longtemps que nous restons dans l'ombre des autres Nations et il est grand temps que nous reprenions la place qui nous revient de droit. Le Monde sera alors dirigé de manière plus juste.

- Plus juste pour vous …, objecta Jack avec amertume en serrant ses poings.

- Tu as peut-être l'intention de nous arrêter ? Alors que tu n'arrives même pas à protéger tes amis ? dit l'homme avec un ricanement.

Il fit un geste de la main et Ellen, Hector, Hugo et Arianna sortirent des rangs. Jack les regarda l'un après l'autre avec effroi.

- Tu es pathétique. Tu mets tes amis en danger et après cela tu crois que te dresser devant nous réussira à te racheter ? Mais je dois te remercier, ajouta l'homme en fouillant dans sa poche. Grâce à toi, j'ai pu commencer une collection de crystorites.

Il en sortit les crystorites de ses amis. Jack se mit alors à grincer des dents. Ce type jouait avec ses nerfs et ce n'est pas l'envie qui lui manquait d'attaquer cet homme si malveillant pour lui arracher les crystorites des mains. Il se retint cependant, car lui et Voltaire ne faisaient pas le poids face à l'armée de monstres qui se dressait autour d'eux. Jack se mit à regretter de ne pas avoir pris le temps de développer ses pouvoirs depuis qu'il avait retrouvé sa crystorite. Il aurait pu attaquer son adversaire à distance en projetant des flammes, plutôt que d'avoir à attendre bêtement qu'il se passe quelque chose.

- Assez discuté, coupa sèchement l'homme avec un sourire mauvais en rangeant les crystorites dans sa poche. Vous n'arriverez de toute façon à rien car j'ai dans l'intention de vous transformer en monstres, ou alors je pourrais vous tuer…

Sur ce dernier mot, un éclair jaillit à côté de Jack, ce qui le fit sursauter. L'homme dû se pencher de côté pour l'éviter de justesse. L'éclair alla frapper un monstre qui se trouvait juste derrière l'homme et qui s'effondra en recevant cette décharge.

- Pas mal petit, dit l'homme à Voltaire. J'avoue que tu as du cran pour oser m'affronter…

- Relâchez-nos-amis-et-laissez-nous-partir ! fulmina Voltaire d'une voix tremblante.

Il fixait Arianna en prononçant cette phrase et des larmes avaient commencé à apparaître aux coins de ses yeux. Puis il reporta son attention sur l'homme en pointant à nouveau son index dans sa direction, comme s'il s'agissait d'un revolver tandis qu'une sphère composée d'électricité s'y formait.

- Désolé, mais ça ne va pas être possible. Vous n'êtes que des gamins insolents qui mérités une bonne leçon et une fois que je me serais occupé de votre cas, plus personne ne pourra m'arrêter, dit l'homme en serrant sa crystorite noire dans sa main.

Cette dernière s'illumina brièvement d'une lumière violette aveuglante, puis les monstres restés statiques jusqu'à présent commencèrent à se jeter sur eux. Jack leur collait des coups de poing à tout va tout en évitant leurs morsures tandis que Voltaire projetait des éclairs en tous sens. Soudain, Voltaire fut attrapé par derrière et un des monstres le mordit dans le cou. Voltaire hurla de douleur tandis que le monstre le relâchait.

- NOOOON ! cria Jack en se précipitant sur lui.

Il le prit par les épaules et le tourna vers lui. Il vit alors que la pupille de ses yeux commençait à disparaître et sa peau devenait pâle. Jack le relâcha quand Voltaire tenta de lui mordre une main. Jack perdit alors toute notion de ce qui se passait autour de lui. C'est comme si tout se déroulait au ralenti tandis qu'il regardait Voltaire se transformer. Puis il revint à lui quand il fut bousculé par un monstre qui tentait de l'attraper. Jack lui envoya un crochet du droit en hurlant de rage. Il avait envie de se battre jusqu'à épuisement, jusqu'à ce qu'il soit lui aussi mordu, puis il ne ressentirait plus rien… .

C'est à ce moment-là qu'il vit l'homme au milieu de la foule, qui riait en contemplant le spectacle. Jack traversa alors l'attroupement de monstres qui s'était formé autour de lui en les poussant brutalement. Puis il se jeta sur le type avec le peu de force qui lui restait. Il n'avait pas beaucoup de chance de lui faire mal, car l'homme était plutôt massif et plus grand que lui. Mais Jack avait juste envie de lui faire payer ce qu'il avait fait à ses amis, d'une quelconque manière que ce soit. Il lui rentra alors dedans, le faisant reculer de quelques pas. Rien ne se serait passé si le monstre que Voltaire avait électrocuté en loupant sa cible ne s'était pas retrouvé allongé derrière l'homme. Ce dernier, surpris, trébucha dessus et tomba en arrière, lâchant sa crystorite qui vola dans les airs avant d'atterrir quelques mètres plus loin. Jack se releva d'un bond, courut vers la crystorite dont il s'empara et s'enfuit à toute jambe en la serrant contre lui. Au moins, maintenant que Jack avait cette crystorite en sa possession, il sera plus difficile à l'homme de contrôler ses monstres à sa guise. Cela laissait à Jack un moment de répit pour réfléchir à ce qu'il allait faire pour sauver ses amis.

Il redescendit le sentier du village à toute vitesse et ne s'arrêta que quand il eut atteint la mer. Il était plié en deux, essayant de reprendre son souffle tandis que de la transpiration lui coulait dans les yeux. L'air glacé qu'il inspirait lui donnait l'impression de recevoir des coups de poignard dans les poumons. Malgré sa vision embrouillée, il réussit à distinguer ce qui se trouvait dans le noir autour de lui. Des bateaux étaient stationnés sur le rivage mais il en manquait quelques-uns. Luc avait dû les emprunter pour repartir à la chasse aux mort-vivants dans la Forêt des Ténèbres, ne se doutant pas le moins du monde que cette fois-ci, c'était son propre village qui était en danger et qui avait besoin de lui.

Jack puisa dans les forces qui lui restaient pour mettre un bateau à l'eau. Puis il rama aussi vite qu'il put. Son but était simple, expliquer à Luc ce qui s'était passé et espérer que lui ait une solution pour que tout le monde retrouve son apparence normale. Les bras de Jack commençaient à lui faire mal mais il ne ralentit pas l'allure jusqu'à ce qu'il arrive sur la plage à la lisière de la forêt. Il se laissa tomber du bateau sur les cailloux durs et froids qui composaient la plage, puis il s'efforça de se relever et repartit à toute jambe dans la forêt sombre. Il dut allumer sa lampe de poche pour éclairer le chemin et ainsi éviter de se prendre les pieds dans des arbustes qui étaient à ras du sol.

Il ne savait pas où était Luc. Il avait été suffisamment stupide pour déguerpir sans penser à prendre le détecteur de Voltaire avec lui. Il fallait qu'il trouve quelqu'un au plus vite. Il courait donc à vive allure en tendant l'oreille pour détecter le moindre son qui aurait pu lui indiquer une présence humaine. Après un temps qui lui parut être une éternité, il entendit finalement un faible bruissement de feuilles. Ralentissant le pas, il se dirigea vers l'endroit d'où provenait le bruit. Il écarta un buisson qui se trouvait juste devant lui et soudain, il sentit que quelqu'un lui touchait le bras. C'était la fille qui accompagnait Luc dans ses missions.

- Oh, c'est toi, dit-elle à Jack sans la moindre émotion. Je pensais tomber sur un autre cadavre, mais en même temps c'est vrai que les mort-vivants ne courent pas…, ajouta-t-elle en reculant de quelques pas.

Jack ne voyait pas ses yeux car elle avait toujours son capuchon qui lui tombait sur le visage. Cela le mit un peu mal à l'aise.

- Euh…, dit-il finalement en remettant ses idées en place tout en reprenant son souffle. Où est Luc ? Les habitants du village ont été transformés en monstres ou je ne sais quoi, tout comme mes amis, par le type qui envoie ces mort-vivants allés envahir le continent.

La fille ne dit rien. Elle recula encore de quelques pas, puis elle disparut dans une volute de fumée blanche.

- ATTENDS ! hurla Jack en tendant un bras vers le nuage de fumée mais elle était déjà partie.

Il tomba à genoux et se rattrapa en mettant les mains devant lui. Il était épuisé, avait froid, était complètement désespéré et ne savait pas quoi faire à présent. Luc avait été son dernier espoir pour ramener ses amis. Se sentant désemparé, il sentit la colère monter en lui ce qui le fit hurler de rage en direction du ciel. Soudain, il sentit une main se poser sur son épaule.

- Allons sauver tes amis, lui dit Luc, la mine sombre, tout en se dirigeant vers la plage avec sa coéquipière sur ses talons.

Jack se releva et les suivit. Ils montèrent les trois dans un même bateau et traversèrent la mer en sens inverse. Jack expliqua la situation à Luc qui l'écoutait attentivement. Il lui décrivit aussi l'homme qui les avait attaqués.

- Alors finalement c'était lui …, dit Luc pour lui-même. Il s'appelle Sorel. Il y a plusieurs années, il y eut un coup d'état sur notre île. Sorel faisait partie d'un groupe qui comptait renverser notre système basé sur la paix avec les autres Nations. Ils voulaient gouverner par la violence et inspirer la peur aux autres Nations. Bien sûr, de valeureux héros de notre village se sont dressés devant ce groupe de barbares et une guerre éclata entre les deux camps. Les partisans de Sorel perdirent cette bataille car ils n'étaient pas assez nombreux et ils durent s'enfuir sur le continent par peur des représailles. Cependant, Sorel fut blessé à l'œil et ne put partir avec ses compères. On lui permit de rester sur l'île, mais il fut mis à l'écart des autres habitations pour la sécurité des habitants et on le surveilla étroitement pendant quelques années. Puis, comme il restait enfermé dans sa maison et ne semblait plus être une menace pour la société, la surveillance se relâcha. Mais apparemment, c'était une grosse erreur. D'après ce que tu me dis, il en a profité pour faire revivre les morts pour terroriser les autres Nations et maintenant il s'en prend à notre propre village !

Jack vit de la fureur commencer à apparaître dans les yeux de Luc.

- Le problème, c'est qu'il faut reconnaître que Sorel est très puissant et sournois. Il n'hésite pas à attaquer quelqu'un quand il a le dos tourné si ça peut lui permettre de gagner. Ça doit être pour cela qu'il accomplit ses méfaits toujours la nuit, détournant ainsi la vigilance de tout le monde. On n'a pas beaucoup de chance de l'arrêter à nous trois, surtout si il a une armée de personnes possédées - ou monstres si tu préfères - à ses côtés. Mais j'ai une solution, ajouta Luc tandis que le bateau s'arrêtait brusquement contre la plage de cailloux.

Ils sautèrent tous trois à terre, puis Luc courut le long de la plage, en direction d'une grotte dissimulée à la vue de tous par des arbres.

- ATTENDEZ-MOI ICI, cria-t-il aux deux autres avant de disparaître dans la pénombre de la grotte.

Jack resta donc seul avec la fille étrange. Personne n'osa parler et l'atmosphère devint pesante. Jack entreprit alors de faire quelques pas sur la plage pour faire redescendre son niveau de stress. Luc revint après une vingtaine de minutes, essoufflé mais avec un sourire triomphant. Il tenait dans sa main une grande crystorite noire en forme de tête de mort, qui semblait absorber la lumière qui l'entourait. Deux trous semblables à des yeux étaient creusés dans la crystorite et ils scintillaient d'une lumière violette aveuglante. Une brume noire flottait autour de la pierre et obscurcissait la main de Luc.

- C'est la crystorite la plus puissante que nous ayons sur l'île, expliqua Luc avec fierté tandis que Jack l'observait avec des yeux ronds. C'est une crystorite élémentaire qui fournit l'énergie vitale à notre île et lui permet d'exister sous la forme qu'on lui connaît. Je suis le seul à savoir où elle se trouve depuis la mort de mon père et le tunnel souterrain au bout duquel elle est cachée absorbe toutes sources de lumière, si bien que si quelqu'un d'autre que moi essaye d'y entrer, il ne pourra rien voir et finira par se perdre dans les galeries.

- Ellen m'a raconté que ce genre de pierre était trop puissante pour être utilisée par un être humain, fit remarquer Jack qui venait de se rappeler ce qu'Ellen lui avait dit à propos de pierres hors du commun qui étaient cachées dans des endroits secrets. Comment ça se fait que tu aies pu la prendre ?

- Disons qu'on a le droit de s'en servir en cas d'extrême nécessité et uniquement pour protéger les villageois. En revanche, il est interdit de s'en emparer pour son usage personnel, c'est pourquoi je suis chargé de m'assurer que personne ne mette la main dessus, expliqua Luc.

- Tu agis en fait comme une sorte de gardien ? lui demanda Jack, admiratif.

- Exactement, répondit Luc en serrant un peu plus la crystorite aux creux de sa main. Mon travail consiste à la protéger à même titre que le village.

- Et tu sais t'en servir ? lui demanda encore Jack.

Lui-même ne pouvait pas maîtriser ses pouvoirs de feu avec les petits morceaux de sa crystorite alors il lui paraissait extraordinaire que quelqu'un arrive à gérer une telle puissance. Cette crystorite extraordinaire lui rappelait d'ailleurs la crystorite volée que lui et ses amis recherchent. Peut-être était-ce aussi une crystorite capable de fournir l'énergie vitale à une région ? Mais si elle se trouvait à Ivnor depuis tous ce temps, ça veut dire que la région à laquelle elle appartenait était en train de mourir…

- Bien sûr, répondit Luc. Mais je ne maîtrise que quelques techniques basiques. Il faut des années avant d'être capable d'en utiliser toute la puissance…

- Cool…, dit Jack qui rêverait de savoir en faire autant.

- Merci, mais assez discuté, coupa Luc en reprenant son sérieux. Allons sauver le village.

Ils se dirigèrent tous trois à pas feutré jusqu'au village. Luc indiquait aux deux autres quand un monstre passait dans les environs et qu'ils devaient se cacher. Jack pensa que ce devait être l'un des pouvoirs de cette crystorite, de détecter les personnes ensorcelées. Ils continuèrent ainsi jusqu'à arriver au village qui avait été mis sens dessus dessous par les monstres. Ils cassaient tous à l'intérieur des maisons et certains se chargeaient même de briser toutes les fenêtres qui auraient eu l'audace de rester entières. Jack, Luc et la fille se faufilaient au milieu de ce chaos en évitant de se faire remarquer. Ils arrivèrent finalement à la hauteur du dénommé Sorel, qui riait en regardant ses marionnettes détruire tous ce qui se trouvait sur leur passage. Il semblait se délecter du spectacle, ce qui eu pour effet d'énerver Luc au plus haut point. Il sortit de leur cachette, suivi par les deux autres.

- Arrête tout de suite tes manigances, Sorel ! ordonna Luc d'un ton autoritaire.

Sorel se retourna alors vers eux avec un large sourire.

- Tiens, tiens, tiens… . Je vois qu'on est allé chercher des renforts, dit calmement Sorel à l'adresse de Jack. Je ne fais pourtant rien de mal, j'aide juste notre peuple à affirmer sa place dominante sur les autres Nations.

- Tu sais bien que personne ici n'approuve tes projets, alors rends-toi sans faire d'histoire, sinon je serais obligé d'utiliser la force ! le menaça Luc en brandissant la crystorite qu'il était allé chercher dans la grotte.

- Tu utiliseras la force contre moi ? Laisse-moi rire… . Tu n'es pas de taille à m'affronter, surtout que je sais comment manipuler de naïfs enfants tels que vous, annonça Sorel.

Il saisit soudain Voltaire qui se trouvait là et le tint en otage devant lui, comme un bouclier.

- Vous ne connaissez pas la guerre, quand on voit ses meilleurs amis mourir devant soi pour une cause futile alors que les dirigeants qui l'ont déclenchée sont à l'abri, décidant tranquillement de la prochaine stratégie à adopter. Mais vas-y, je t'en prie. Attaque-moi maintenant, mais prépare-toi à causer aussi la mort de ton ami, dit tranquillement Sorel qui savait qu'il venait de toucher un point sensible.

- Je t'en prie, n'attaque pas ! le supplia Jack en retenant Luc par l'épaule.

Il avait peur que Luc mette le bien-être de son village avant la vie de Voltaire. Après tous, Luc avait consacré sa vie à protéger son village alors qu'il ne connaissait Voltaire que depuis quoi, deux jours ?

Luc ne répondit rien. Il continuait de fixer Sorel en ignorant complètement Jack. La crystorite que Luc maintenait toujours devant lui se mit même à former un nuage noir plus dense qui enveloppa le bras de Luc. Jack, dans un acte désespéré, poussa alors le bras de Luc pour l'écarter de sa trajectoire et ainsi épargner Voltaire tandis qu'un faisceau de lumière violette était parti de la crystorite. Ce faisceau fut absorbé par le sol et rien ne se produisit. Sorel éclata d'un rire triomphant mais soudain son sourire s'affaissa. Les monstres avaient arrêté de tout détruire autour d'eux. A la place, ils se rassemblaient autour de Sorel et lui saisirent fermement les bras et les jambes, le maintenant immobile. Sorel fut obligé de relâcher Voltaire et il essaya de se débattre mais les monstres étaient trop nombreux.

- QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ? hurla-t-il tout en essayant de se libérer de leur emprise.

- La crystorite que je tiens dans ma main est suffisamment puissante pour retourner ton sortilège contre toi, expliqua Luc avec calme.

- Mais c'est impossible ! Une fois que la prise de possession d'un être humain est effectuée, seule la personne qui a lancé ce sort peut contrôler l'individu. Il n'y a aucun moyen de modifier ou d'annuler ce sort ! objecta Sorel.

- En effet, mais cela s'applique aux crystorites du commun des mortels. En revanche, celle que je tiens dans la main est spéciale. Je vais d'ailleurs t'en faire la démonstration, dit Luc en pointant sa crystorite sur Sorel, qui n'avait cette fois-ci plus de bouclier humain derrière lequel se cacher.

La crystorite s'entoura à nouveau d'un nuage épais noir mais il enveloppa cette fois-ci le corps de Luc en entier. Ses cheveux volaient comme s'il y avait eu une légère brise alors qu'il n'y avait pas du tout de vent et ses yeux devinrent complètement violets. Un puissant faisceau noir s'échappa alors de la crystorite et alla frapper Sorel en plein cœur. Sorel poussa un hurlement déchirant tandis qu'une forme blanche lui ressemblant étrangement s'envola de son corps. Il tomba inerte par terre tandis que la figure blanche regardait Luc dans les yeux. Puis elle se contracta en une boule blanche et vaporeuse qui s'approcha de Luc et disparut à l'intérieur de sa crystorite. La fumée noire qui enveloppait Luc se dissipa aussitôt et Luc reprit son apparence normale. Jack regardait avec stupeur le corps de Sorel qui était resté étendu par terre.

- Tu l'as…tué, demanda Jack après quelques secondes.

- Non, je lui ai juste confisqué son âme, dit Luc.

- Ah bon ? Et c'est quoi la différence ? demanda Jack, perplexe.

- Sorel n'est pas mort, expliqua calmement Luc en regardant le corps qui gisait au sol. Il respire encore et son cœur bat toujours. C'est juste qu'il est comme une coquille vide. Il ne peut plus bouger de sa propre volonté.

- Et c'est quoi la différence par rapport au sort qu'il a jeté à mes amis et aux villageois ? demanda à nouveau Jack.

- Dans ce cas, Sorel a simplement mis leur conscience sur pause. Ils pouvaient se déplacer comme des êtres humains normaux mais ils ne se rendaient pas compte de ce qu'ils faisaient. Ils devaient suivre les ordres de Sorel. C'est un sort très pratique pour obliger les gens à faire ce que tu souhaites mais il n'existe aucun moyen de l'inverser. Le seul moyen d'annuler ce sortilège est la mort de la personne ensorcelée ou de celle qui la contrôle. Il ne doit donc pas être jeté sans avoir bien réfléchi aux conséquences. Et comme je ne privilégie jamais l'option de la mort tant que je peux l'éviter, j'ai arraché à la place l'âme du corps de Sorel pour pouvoir stopper l'emprise qu'il avait sur les personnes qu'il contrôlait. Maintenant, son âme est emprisonnée dans cette crystorite jusqu'à nouvel ordre. C'était le seul moyen, ajouta Luc comme pour se justifier.

- Et ça a l'air d'avoir marché, dit Jack en regardant autour de lui.

Les habitants du village clignaient des yeux, comme s'ils venaient de se réveiller d'un mauvais rêve. Ils regardaient autour d'eux, se demandant ce qu'ils faisaient tous regroupés au milieu de la rue en pleine nuit.

- Oui, on dirait, répondit Luc avec un sourire.


Hello chers lecteurs et chères lectrices,

Notre héro vient de réussir son premier exploit en mettant un terme aux agissements de Sorel. Mais comme ce dernier le lui a expliqué, il ne contribuait qu'à une toute petite partie du plan visant à renverser les autres Nations. Jack et ses amis ne sont donc pas au bout de leurs surprises !

Maintenant que Sorcasomb est tiré d'affaire, Jack et ses amis vont pouvoir poursuivre leur aventure. La recherche de la crystorite volée va les mener à présent sur des plages de sable fin où il fait chaud toute l'année. Fini l'atmosphère inquiétante et glaciale de la Forêt des Ténèbres ou de Sorcasomb et bonjour les vacances d'été à Ocelac !