Il est treize heures. Comme je n'avais rien de prévu, je m'offre actuellement une jolie promenade à pied. Celle-ci me fait évoluer sur quelques parties des nombreuses rues qui appartiennent à la ville où je réside. Le point d'arrivé que je vise : le commissariat.

En attendant que je sois avec Audrey, Daryl a pu obtenir ma réponse et mes conditions. Dès à présent, c'est moi qui attends de connaître sa décision et je croise les doigts pour qu'elle soit positive. S'il refuse, ce n'est pas grave car je n'ai rien à perdre mais je pourrais toujours balancer les membres que je considère comme nuisible.

Tout en continuant à me perdre dans mes pensées, je songe à l'avenir que je pourrais m'offrir par l'intermédiaire de Matt. Si ce dernier souhaite toujours obtenir l'un de mes textes pour son second album, il serait bête que je passe à côté. Au moins, si ce projet me permet de gagner un peu d'argent, je pourrais toujours injecter une partie dans ma boutique.

Maintenant, reste à savoir comment m'y prendre mais j'aurais le temps d'y songer à tête reposée. En attendant, je vais savoir ce qui s'est dit entre Daryl et William par l'intermédiaire de mon amie Audrey. Me tenant devant le mur auquel sont enfoncés les gonds d'une moitié de la grille, j'enfonce la petite touche du digicode. Quelques secondes plus tard, la voix de la policière s'échappe de la console.

- Commissariat de M., que puis-je pour vous ?

- C'est Jay.

- Pardon, dit-elle en rigolant. Je ne t'avais pas reconnu avec la caméra.

Comment a-t-elle pu faire pour ne pas me replacer ? Je n'ai pas le temps de m'interroger davantage à ce sujet qu'un bruit long et désagréable s'échappe de la console. C'est alors que je comprends que la grille est ouverte. Rapidement, j'entre dans l'enceinte et quelques secondes plus tard, me voilà face à mon amie.

- Tout va bien Audrey ?

- Oui à part que je suis un peu débordée. Comme les gars ont reçu l'ordre de rester chez eux suite à ce qui s'est passé la nuit dernière, je me retrouve seule à tout gérer.

Ce qui explique la fermeture des grilles. D'habitude, ces dernières sont grandes ouvertes mais comme ce n'est pas le cas, inutile d'insister sur le sujet.

Lorsque je vois Audrey glisser une clef usb dans une enveloppe blanche avant de la sceller, me voilà curieux.

- L'appel de William ?

- Oui et Daryl avait raison. Bien contente de voir qu'il peut se montre utile parfois.

- Comme quoi, tout peut arriver.

Après s'être chargée de cette tâche, Audrey attrape une seconde clef qu'elle dépose sous mes yeux. Dois-je comprendre que la policière me fait cadeau de la fameuse copie ? Face à mon immobilité, ma camarade s'empresse d'éclaircir mes doutes.

- L'appel qui a donné lieu à la descente.

- Merci mais j'espère que tu n'auras aucun problème.

- Bien sûr que non.

Pour assurer ses arrières, je ne mets pas longtemps à faire disparaître ce présent dans la poche gauche de mon pantalon. De son côté, Audrey ne reste pas inactive. En effet, la voilà qui attrape un trousseau de clefs qui reposait sur la banque d'accueil et avant de poursuivre ses tâches de la journée, elle se tourne vers moi.

- Je vais récupérer le plateau-repas de Scott. Tu veux venir avec moi ?

- Et s'il pète encore un plomb ?

- Tu ne risques rien.

Après tout, l'employée doit avoir raison et puis je voudrais savoir ce qui s'est passé dans la tête du grand frère de Nathan. Aussitôt, je contourne la banque d'accueil pour rejoindre la demoiselle. Alors que nous empruntons le corridor des cellules, la geôlière fait entendre sa voix.

- Je viens récupérer ton plateau.

Dès que nous nous arrêtons devant sa cellule, nous trouvons Scott assit sur sa couchette. De suite, le captif est très étonné de me voir. Tandis que la femme attrape le plateau vide, Leo se lève de son lit et s'approche de la grille.

- Tu viens admirer le spectacle ?

- Je ne vois pas le plaisir que je pourrais en tirer même si tu mérites ce sort.

- Profite bien Jay mais quand je serais dehors, nous aurons une discussion tous les deux.

- Ce n'est pas demain que cela risque d'arriver, intervient Audrey.

Sur le moment, Scott ne réalise pas la raison qui a poussé la collègue de Rachel à s'exprimer ainsi. Afin de l'aider, sa gardienne lui explique qu'une certaine Sarah s'est manifestée après avoir su pour la seconde victime de l'homme. Ouvrant grandement ses yeux, le ciel semble s'abattre sur lui lorsqu'il apprend que le dossier de sa première victime fait l'objet d'une réouverture.

Désormais, l'agresseur sait qu'il est mal barré.

- Ton transfert en détention provisoire se fera dès la semaine prochaine, lui dit Audrey. Je te conseille d'appeler ton avocat pour préparer ta défense.

- Je n'ai pas son numéro en tête. Par contre, ma mère doit l'avoir dans son calepin.

- J'irai lui demander, lui fais-je savoir.

- Pourquoi toi ?

Très bonne question. Peut-être est-ce ma serviabilité qui vient de s'exprimer pour moi. En tout cas, je ne regrette pas ce besoin de lui venir en aide malgré notre relation compliquée.