** Disclaimer ** : les personnages qui interviendront dans cette histoire sont à moi et rien qu'à moi. Alors, pas touche ! ! ! C'est vraiment jubilatoire de dire ça ! En fait, ces persos sont à moi car en fait... c'est moi dans l'histoire ! Et oui, je me base sur ma vie pour faire cette histoire sauf que je rajoute ma touche de magie et de combats surnaturels. Vous allez tout savoir sur moi ! ! ! Bande de veinards !

         Quant aux persos qui interviendront plus tard (bon ou mauvais), ce sont des potes à moi sur le net !

Bon, commençons maintenant !

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La guerre des Eléments

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***Episode 1 : Révélations***

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Mon dieu, qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi suis-je allé dans cette ruelle pour suivre mon « clan » ? Pourquoi ai-je accepté de les suivre dans cette ruelle sombre ? Quel idiot ! Et d'ailleurs, pourquoi un jour, ai-je décidé de les rejoindre ? Pourquoi un jour ai-je accepté de devenir ce que je n'étais pas pour être avec ceux qui sont maintenant... Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'ils sont ? Il y a encore cinq minutes, ils étaient mes amis qui m'avaient entraîné pour ce qu'ils appelaient un rite initiatique

De mes quatre amis Julien, Kary, Francis et Gaëlle, il ne reste  que des guerriers en armure arborant respectivement les couleurs rouge, blanche, marron et bleu.

         Pour ma part, je suis totalement mort de peur mais j'essaie de le cacher en plaisantant :

« Super le tour de magie ! Vous me faites sortir un lapin maintenant !

_ Tais-toi, impertinent ! crie Julien en s'avançant »

         Il tend sa main vers moi et me lance ce que j'interprète comme une boule de feu. Je n'ai pas le temps de m'écarter et je la reçois sur la manche mon sweet qui prend feu instantanément.

« Arrête ça ! ! ! T'es malade ! ! ! »

         Gaëlle me regarde avec dédain et lance un filet d'eau de sa main. Mon sweet s'éteint comme il s'est embrasé. Ma manche tombe en cendres sur le sol, découvrant mon bras. Fou de rage, je me lance sur eux mais une étrange barrière levée par la main de Kary me retient.

« Mais c'est quoi tous ces trucs de ouf ?

_ Tu n'as pas à le savoir, s'impatiente Francis. Nous savons très bien ce que nous voulons : c'est ta force. Celle qui te permettrait de contrôler tous les éléments si tu pouvais vivre plus longtemps.

_ Qu... Quoi ? Vous avez fumé la télé quand y'avait Buffy ou quoi ? Vous avez grillé un fusible ? Ah je comprends, ça y est ! C'est votre histoire de rite initiatique. En fait, c'est du bizutage. Ou mieux, c'est une caméra cachée. Hein, c'est ça ? »

         Kary, dans son armure qui moule son corps et le recouvre entièrement laissant seulement quelques trous où sa peau est à nu, tape du pieds avec sa botte et une mini tornade part sur moi, me projetant sur des vieux cartons. C'est vachement bien fait son truc !

« Allez, sortez les caméras ! dis-je en me relevant »

         Une autre tape du pied, mais de Francis et le sol tremble, me renvoyant à terre. J'essaie de me relever mais une force étrange me retient assis sur le sol froid et dur.

         Les quatre acolytes s'avancent alors vers moi avec sur leur visage un sourire qui me glace le sang. Je tente une dernière fois :

« Allez, les caméras ! C'est bon, j'ai la trouille ! Allez sortez, pitié, j'ai peur !

_ Et tu as raison d'avoir peur, ricane le chevalier rouge, un poignard de feu dans la main qui devient rapidement un vrai instrument. Quand je t'aurai tué avec ce poignard consacré, notre Maître recevra ta force. Et tout le monde sait que c'est la plus puissante qui existe. »

         Je le regarde avec des yeux ronds. Je ne pige absolument rien à ce qu'il me dit. Lui, par contre, il sait de quoi il parle. Et il a l'air convaincu. Ma thèse de la caméra cachée me semble de moins en moins plausible. Je n'y crois même plus du tout. Ils sont tous fous et ils ont des pouvoirs magiques. C'est complètement dingue, mais c'est vrai. Et à en croire Julien, je suis très puissant. Ben, si je suis si puissant, je dois pouvoir me sortir de ce pétrin dans lequel je me suis fourré.

         Oh non ! Il est tout prêt ! Il tend la lame au-dessus de moi. Mon seul réflexe est de me recroqueviller en position foetale. Je ferme les yeux. J'entends le bruit du métal qui file dans l'air et... qui rebondit et tombe par terre. Je me redresse et voit la dague par terre et celui qui la tenait quelques secondes plus tôt jurant et criant :

« Merde ! Il va bientôt découvrir ses pouvoirs ! »

         Quoi ? Moi aussi, je vais finir en chevalier grotesque ? Non merci, très peu pour moi ! Mais pourtant. Je sens de l'énergie autour de moi. Un peu comme celle que Kary a émise tout à l'heure pour m'empêcher de les approcher. Ce serait moi qui aurais fait ça ? Il faut croire car, quand l'un ou l'autre essaie de se jeter sur moi, il est violemment repoussé. Ils ont beau faire ce qu'ils veulent, ils ne peuvent pas m'atteindre.

« Tu as gagné une bataille mais pas la guerre ! Nous reviendrons prendre ta vie et tes pouvoirs !

         Julien disparaît alors dans un brasier de flammes, Kary devient un courant d'air, Francis disparaît dans le sol et Gaëlle se liquéfie et s'évapore. Il ne reste plus rien d'eux. J'attends un moment en tremblant de tous mes membres. Je jette des coups d'oeil inquiet partout. Puis je me relève et court hors de cette ruelle. De jour, elle ne fait pas peur, mais de nuit, après ce qui s'y est passé, elle est et restera à jamais terrifiante.

         J'en sors le plus vite possible et repart en courant vers le bar du XV d'où j'étais sorti avec mes pseudos amis.

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

Je trouve le serveur que je connais un peu. Il a 18 ans et il est très sympa. Je demande à Angel (c'est son surnom) :

« Euh... Tu peux me passer ton portable ?

_ Oui, bien sûr. »

         Il passe la main dans sa poche arrière et sort son téléphone qu'il me tend avec un sourire.

« Tiens, mais n'y passe pas trois heures. J'ai pas énormément de crédit.

_ Ok »

         Il me jette un regard étonné quand je lui arrache presque l'appareil des mains. Je compose à toute vitesse le numéro de chez moi. Je tombe sur ma mère :

« Allô maman ! Tu peux dire à papa de venir me chercher. Oui, ça y est, on a fini. Ok. Merci. A tout de suite »

         Je raccroche et rend son engin à Angel.

« Merci beaucoup.

_ De rien. Mais où sont passés tes copains ?

_ Euh... On s'est engueulés et... Ils sont partis.

_ Ben, je vais te dire, je suis assez content. Je ne les aimais pas trop.

_ Ouais, bon, on change de sujet, je veux plus entendre parler d'eux.

_ Si tu veux. Tu veux boire quelque chose ?

_ Pourquoi pas. Disons une dose de Prozac pour me calmer.

_ Ils t'ont énervé à ce point ?

_ Non, c'est pas ça... Je veux pas en parler.

_ Ok, j'insiste pas. »

         On continue à discuter un moment jusqu'à ce que mon père arrive. Je dis au revoir à Angel et sort avec mon père. Du coup, je n'ai rien consommé.

Au moins, j'ai la vie sauve, mais pour combien de temps ?

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

         Encore ces chevaliers. Non, ce ne sont pas eux. Ils sont différents, plus gracieux et plus beaux. Et sans le comprendre, je sais qu'ils ne sont pas humains. Ils forment un carré autour de moi en joignant leurs mains. Ils ont les mêmes  couleurs que ceux qui m'ont attaqué hier soir et le même genre de costume mais pourtant, inconsciemment, j'ai confiance en eux.

         Chacun resplendit de sa couleur. Je sens alors une drôle de sensation. C'est assez difficile à expliquer. Un mélange de pouvoir et de bien-être. C'est si agréable.

Pourtant, quelque chose cloche. Ça ne peut pas être vrai. Je me rends subitement compte que je suis dans un rêve.

Je m'écrie soudain :

« Tout ça n'est pas vrai ! C'est un rêve !

_ En es-tu sûr ? dit l'un d'eux en levant la tête. »

         Ses yeux clos s'ouvrent brusquement. Je réprime un cri. Dans ses yeux, je distingue l'océan le plus pur. C'est si joli, d'une beauté sans égal. Ce n'est pas dans un rêve que je pourrais voir ça.

« C'est bien, tu y crois à présent, lance un autre. A présent, réveille-toi et bats-toi. »

         Leurs corps cessent d'émettre de la lumière. Je les regarde alors s'éloigner. Ils prononcent leurs dernier mot en s'estompant :

« Hier, nous t'avons protégé,

Cette nuit, tes pouvoirs te sont révélés

Et demain, tu devras lutter »

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

         « Debout Joe ! crie une voix qui me tire de mes songes. (Joe, c'est le surnom que me donne ma sœur)

« Aaaaaaaah ! »

         La chose qui vient de me sauter dessus et a failli me faire faire une crise cardiaque, c'est ma sœur. Je l'adore mais quand elle a décidé que vous aviez fini de dormir, vous avez fini de dormir. Et c'est ce qui est en train de se passer. Je la supplie de me laisser dormir mais elle va ouvrir les volets, inondant la pièce de lumière. Mes yeux éblouis essaient de s'habituer pendant qu'elle saute sur le lit en criant :

« DEBOUT ! »

         Je fais un effort surhumain pour ne pas hurler et sort du lit en bougonnant.

« Bon, j'espère que t'as une bonne raison de me torturer !

_ Je venais voir si tu voulais faire un tennis.

_ Bonne réponse. Ça valait le coup de venir me martyriser.

_ Ben, j'ai bien fait de venir alors ! »

         Je me dirige vers le fauteuil devant mon ordinateur et attrape mon jogging, mon maillot et mon sweet. Oh merde ! Le sweet, il est brûlé. Tous les souvenir de la veille me reviennent alors en tête.

« Alors, tu comptes les mettre par télépathie ?

_ Oh... Euh... Je le regardais. Il est tout sale. Je vais en prendre un autre. »

         J'en attrape un autre et enfile mon ensemble de sport. Elle ne s'est rendue compte de rien. Heureusement, parce que je ne sais pas mentir et je dis presque toujours la vérité. Et si je le faisais, elle me prendrait pour un fou.

« Je suis prêt !

_ Bon, ben, on y go ! ( = on y va !).

_ Attends, faut que je fasse mon lit.

_ Ben, vas-y. Moi, je vais aider un peu maman. »

         Je l'adore, ma soeurette. Mais le fait qu'elle me laisse seule m'arrange. D'habitude, quand elle vient à la maison, je suis toujours collé à ses basques, mais là, j'ai besoin de faire le point. Ce qui s'est passé hier, ça a eu le don de me faire réfléchir. Je suis rentré à dix heures avec mon père et j'ai passé pas moins de trois heures à tourner et retourner la situation dans ma tête.

« Nous savons très bien ce que nous voulons : c'est ta force. Celle qui te permettrait de contrôler tous les éléments si tu pouvais vivre plus longtemps. »

         Ma force ? Contrôler les éléments ? C'est-à-dire avoir les mêmes pouvoirs qu'eux ?

« Quand je t'aurai tué avec ce poignard consacré, notre Maître recevra ta force. Et tout le monde sait que c'est la plus puissante qui existe. »

         Ma force ? La plus puissante qui existe ? C'est quoi ce délire. Je suis tout juste bon à écrire et à être le premier de la classe. Alors de là à avoir de la « force »...

« Merde ! Il va bientôt découvrir ses pouvoirs ! »

« Hier, nous t'avons protégé,

Cette nuit, tes pouvoirs te sont révélés

Et demain, tu devras lutter »

         Découvrir mes pouvoirs ? Me battre ? Ils m'ont protégé ? Ce serait eux qui ont fait cette bulle protectrice. Ben, je leur dois une fière chandelle. Mais ces êtres étranges qui sont apparus dans mon rêve m'ont aussi parlé de me battre. Ça veut sûrement dire que j'ai aussi des pouvoirs. Mais j'ai pas demandé ça moi ! ! ! Je veux être normal ! J'ai déjà une différence qui me rend assez spécial comme ça... Alors, je veux pas jouer les Buffy ou les Sailor Moon ! ! ! C'est marrant à voir à la télé mais je veux pas le vivre en temps réel !

         D'ailleurs, pour continuer à être normal, je vais jeter ce sweet. Si on le cherche, je dirai que je ne sais pas où il est. Et je continuerai ma vie telle qu'elle doit être, c'est-à-dire normal. Après tout, ça ne pouvait être qu'un rêve. Et on voit bien des océans dans les rêves, même des très jolies.

         Et je vais même arrêter d'y penser et faire mon lit avant prendre racine dans le plancher. Et si... Oh non, ça ne sert à rien... Je devrai peut-être... Oui, il faut que je me rassure ! Faut que je trouve une excuse pour qu'Anna m'y emmène (Anna, c'est le nom de ma sœur !). On est samedi mais ça doit être ouvert. Ça y est, j'ai trouvé !

« Anna !

_ Oui !

_ Est-ce que tu pourrais... »

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         Je rentre dans le lycée Michel de l'Hospital. C'était bien ouvert. Les petits délinquants font leurs heures de colle du samedi matin. Y doit y en avoir pas mal qui ont séché pour aller à une manif anti-Le Pen. Celui la, il est pas encore président (et il a pas intérêt à l'être) qu'il fout déjà le bordel ! Je préférerais encore Chevènement qui est à moitié mort ! Enfin bon, passons !

         Au passage, vous avez du vous rendre compte qu'on est fin avril puisque les élections ont eu lieu dimanche dernier soit le dimanche 21 avril. Et aujourd'hui samedi, on est donc le 28 avril. Et je suis là soit disant pour demander des renseignements sur l'école que je veux faire après le bac parce que d'après mon directeur de cycle, dans ce lycée qui n'est pas le mien, la conseillère d'orientation peut me donner des infos. Comme quoi, je sais mentir quand je veux.

         Je me dirige vers la secrétaire de l'accueil. Elle est devant un ordinateur.

« Excusez-moi de vous déranger... dis-je pour entamer la conversation.

_ Oui, monsieur. Que puis-je faire pour vous ?

_ Je vais vous expliquer. Quatre de mes amis... Enfin, ils étaient mes amis jusqu'à ce qu'il m'agresse...

_ Ils vous ont agressés ?

_ Oui, et je cherche leurs adresses. Vous pourriez peut-être m'aider ?

_ Oui, bien sûr, répond-elle. Mais comment ?

_ Ils mont dit être scolarisés ici. Si je vous donne leurs noms, vous pourriez chercher leurs fiches pour voir leurs adresses.

_ Je crois que c'est dans mes capacités. Je vous écoute.

_ Alors... Gaëlle Maurice, Francis Doyon, Julien Tiv et Kary Daudelin.

_ Vous pouvez m'épeler ?

_ Bien sûr. »

         Je lui dicte les noms et elle lance une recherche. Après quelques minutes, elle m'annonce tristement :

« Désolé, je n'ai rien sur eux.

_ Ils ont du me raconter des salades pour brouiller les pistes.

_ Je suis désolé.

_ Ce n'est rien. En tout, je vous remercie. Je vais m'y prendre autrement. Je vous remercie.

_ Bien... Au revoir dans ce cas ! Et sachez qu'il faut en parler ! Il ne faut pas en rester là !

_ Je sais. Et c'est bien ce qui m'effraie.

_ N'ayez pas peur. Il existe des gens pour vous aider.

_ Je le sais. Mais plus j'y réfléchis, plus je me dis que je vais devoir me débrouiller seul (Les phrases en italiques au milieu d'une conversation sont des pensées). Oui, je sais. Bon, je dois y aller. Merci de votre aide. »

         Je sors et regagne la voiture.

« Alors, t'as appris des trucs ?

_ Oh non, rien que je sache déjà... »

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« Dis Anna, tu sais qu'il faut jouer dans les limites du terrain ? Et pas deux mètres derrière !

_ Oh tu peux parler ! T'as mis la moitié de tes balles contre le grillage. »

         C'est vrai que je ne joue pas très bien. Enfin, encore plus mal que d'habitude... Avec ma sœur, on ne se prend pas la tête. On rattrape la balle et on la renvoie. Après tout, l'important, c'est de s'éclater entre frère et sœur. Vous ne trouvez pas ? Non. Ben, moi si.

         Ma sœur, si ça vous intéresse, a 24 ans. Elle s'est mis en ménage il y deux ans mais on se voit très souvent. Elle habite pas loin alors, ça aide. Je sais pas ce que ma mère deviendrait si elle partait s'installer loin. On est tellement unis, surtout moi et ma sœur. On a une sorte de lien indéfectible qui nous unit (comme tous les frères et sœurs d'ailleurs !) et c'est vraiment génial : on rit aux mêmes choses, on aime les mêmes choses (à quelques exceptions près !). Bref, seize ans de vie commune, ça rapproche.

         Seize ans, c'est mon âge. Je suis né, un soir du six janvier 1986 à 22h45. J'ai grandi dans cette famille formidable qu'est la mienne. Je m'appelle Miguel Sanchez. Comme vous l'avez sûrement remarqué, ça sonne très espagnol. C'est normal, toute ma famille du côté paternel est originaire d'Espagne.

Côté scolaire, je suis donc en seconde. J'ai jamais redoublé étant donné que je suis un élève très studieux. Mais non, je ne me vante, j'énonce une vérité !

Bon, vous en savez un peu plus sur moi. Vous inquiétez pas, y'a encore plein de choses à savoir.

Ah oui, j'oubliais. J'habite à Châtel-Guyon. C'est une petite ville d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme. C'est près d'une plus grande ville du nom de Clermont-Ferrand. Ma sœur, elle, habite à Riom. C'est à quelques kilomètres. C'est d'ailleurs là que se trouve le tennis où nous sommes. Le club auquel nous somme inscrit est séparé en deux endroit. Celui-ci, et un autre, qui est à Mozac. Mozac, c'est entre Châtel et Riom. D'habitude, on va à l'autre club, mais là, on a choisi celui-ci contraints et forcés parce qu'il y a un tournoi à l'autre. Et on le regrette vraiment. Ce truc (je dis truc, ça ne mérite même pas de nom) est dans un état de délabrement inimaginable. La boite qui sert à ouvrir les cours à l'aide d'une carte est ouverte en deux et fait un bruit à réveiller les morts quand on essaie de s'en servir pour accéder aux cours. C'est à se demander si elle ne va pas nous exploser à la figure. Sur les cours, on ne voit presque plus les lignes des cours. Pour entrer, on a eu la chance de trouver un cours ouvert. Il y avait deux cours de neuf, mais bien sûr, ils étaient fermés.

Enfin bon, on se débrouille. Mais quand même, sur le seul cours d'ouvert, il y a des dénivelés entre les parties du terrain tellement il est bien fait. C'est pas ça qui me fait mal jouer, mais je pense que ça y contribue.

Après un moment, Anna, qui ne joue pas mieux, se décide à interrompre ce folklore pitoyable :

« Et si on arrêtait là le massacre ?

_ Ouais, je suis d'accord. On n'a pas la tête à ça aujourd'hui !

_ Bon, ben, on remballe ! »

         Je ramasse les balles qui sont de mon côté pendant que ma sœur en fait autant du sien. Puis je reviens vers la porte avec mon butin et le met dans la boite. Je range ma raquette dans sa housse et ouvre la porte qu'on avait pris soin de coincer avec un caillou pour ne pas se retrouver piégés. Je la tiens pour qu'elle passe (la porte pas ma sœur !). Elle va la franchir quand je la lâche.

         Elle est devenue brûlante. J'essaie de la rattraper mais elle est trop chaude.

« Qu'est-ce que t'as ? Elle pique la porte ?

_ Non. Elle est brûlante.

_ Mais elle a pas pu le devenir en deux secondes. C'est pas possible !

_ Si, c'est possible... »

         Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre. Ils sont de retour.

« Et demain, tu devras lutter »

         Demain, c'est aujourd'hui. Demain, c'est maintenant. Tout de suite.

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

         Je vais devoir me battre. Je ne sais pas comment mais je vais devoir le faire. Ma sœur me regarde scruter partout pour trouver quelqu'un à massacrer mais rien.

« Qu'est-ce que tu fais. On ne va pas moisir ici ! Je... »

         Elle ne finit pas sa phrase et s'écroule, inconsciente.

« Anna ! »

         J'ai crié en me lançant sur elle. Je la rattrape et tombe avec elle.

« Anna ! Réveille-toi ! Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Je la secoue doucement mais rien n'y fait. Elle s'est évanouie. A-t-elle eu un malaise ou bien ce sont eux qui lui ont fait ça ? Quelle question idiote ! Ça ne peut être qu'eux.

D'ailleurs, plantée dans le dos de ma sœur, je vois une petite aiguille qui se consume avant de disparaître, emportée par le vent.

Le feu, ça, c'est Julien, lui qui m'a brûlée mon beau sweet !

« Julien, montre-toi ! Et tout de suite !

_ Comme tu veux, Miguel ! répond une voix que je reconnais trop bien. »

         Je vois un garçon perché sur un piquet et qui saute sur le sol juste devant la porte. Il la claque violemment et passe sa main sur la partie qui relie le verrou à l'encadrement. Les deux se joignent en fondant.

         Porte close, je suis coincé. Je ne songe pas escalader le grillage, je suis trop pataud pour y arriver. Et jamais je ne pourrai emmener ma sœur avec moi. Et bien sur, hors de question de la laisser avec ce malade.

« Alors, Miguel, tu as peur ? »

         Peur, c'est un euphémisme. Tétanisé par une intense frayeur serait plus approprié. Mais je vais jouer le bluff :

« Mais non, j'ai pas peur. Avec les pouvoirs que j'ai reçu, je peux te botter ton p'tit cul potelé à tout moment.

_ Mes fesses ne sont pas potelées ! Elles sont juste rondes ! Et... Oh mon dieu ! Je me laisse détourner de ma mission per des babillages de gamin. Si tu as des pouvoirs, prouve-le moi !

_ Ok, chef ! Alors, mon pouvoir, c'est... Courir et chercher un trou où me cacher ! »

         Des trous où se cacher, il n'y en a pas ! ! ! Mais vous avez compris que j'avais une idée derrière la tête ! (Comment ça, vous avez rien compris ?). Il n'empêche que je cours vers la porte scellée par ses pouvoirs et fait comme si je n'avais pas compris qu'elle était définitivement close. Je m'excite dessus pour faire croire que j'essaie de l'ouvrir. Il ricane et lance une boule de feu.

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

Je sens l'onde de chaleur qui se rapproche. J'attends le plus longtemps possible et me jette à terre sur ma gauche. Je suis très près de l'attaque qui passe en me frôlant Ça a marché ! Ce gros ballot est tombé dans le panneau. Le feu ardent qu'il a lancé touche de plein fouet la porte qui fond à moitié. Facile de sortir maintenant ! Mais pas sans Anna ! Et pour avoir le temps de le faire, j'ai une autre idée. J'attrape la bouteille d'eau qu'on avait emmené et la débouche le plus vite possible. Je me relève et me jette sur Julien en lui vidant la bouteille sur les mains et au visage (le visage, c'est au cas où il puisse faire quelque chose avec ses yeux genre laser ou cracher des flammes comme les dragons avec sa bouche). Et ça fonctionne ! Il essaie de me balancer d'autres flammes mais ses mains émettent de la vapeur. Il me décoche un coup de poing, qui, bien qu'il ne soit pas accompagné de feu est brûlant. Je me plie en deux mais résiste et me précipite sur ma sœur. Je la soulève tant bien que mal et entreprend de la traîner pour la mettre à l'abri. Il faut que je me dépêche car d'ici peu, la chaleur aura fait sécher ses mains et je finirai comme Jeanne d'Arc (qui au passage a dit avant de mourir : « Vous ne m'avez pas cru, vous m'aurez cuite ! »).

Lui, il fulmine de s'être laissé berner et moi je me casse ! Je vais cacher ma sœur derrière un des arbres qui entourent les terrains et essaie de la ranimer.

« Allez Anna, réveille-toi ! ! »

         Rien n'y fait. Toutes mes tentatives pour la ramener sont vaines. Et j'entends déjà des bottes tinter sur le sol. Je l'ai berné une fois mais pas deux. Je tremble de peur à l'idée de me mettre à découvert. Je sais qu'il sait que je suis là. Mais j'ai trop peur.

Des pouvoirs, je veux bien ! Mais où sont-ils ? Comment m'en servir ? ! Aide-moi, toi qui m'as montré un océan plus pur que l'azur ! Aidez-moi, vous quatre qui m'avait dit que je devrais me battre ! Donnez de quoi me défendre, de quoi protégez ma sœur ! Bon sang, j'ai besoin de vous ! Il est tout près !

« Allez, Miguel ! Sors de là. Tu sais que tu es perdu. Tu es coincé, je vais venir et tuer ta sœur que tu aimes tant sous tes yeux. Puis, je me délecterai de ta peine et de ta douleur quand je te brûlerai à petit feu ! »

         A ses mots si haineux, je craque. Je tombe à genoux. Je serre ma sœur contre moi et me met à pleurer. Les larmes tombent sur le sol, lourdes et pesantes comme l'atmosphère ambiante autour de moi. C'est alors que je comprends.

         Kari détient les pouvoirs de l'air, Francis ceux de la terre, Gaëlle ceux de l'eau et Julien ceux... Du feu ! Et pour batte le feu, il faut de l'eau. La même que celle que j'ai vu dans l'océan contenu dans les yeux de cet étrange personnage. C'est celui-là mon pouvoir : l'eau. Pour combattre le feu.

         Je suis alors transporté ailleurs.

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

Je sens de l'eau sous mes pieds nus. Son contact froid me fait frissonner. Devant moi, se tient cet être. Encore ses yeux, si purs et si beaux.

« Qu'est-ce que je fais là ?

_ Tu le sais très bien, répond-il. Tu viens de le comprendre toi-même.

_ C'est vrai...

_ Donne-moi ta main. »

         J'ai confiance en lui. Je tends ma main sans peur. Elle touche la sienne. Un éclair bleu s'enroule alors autour de son bras puis se propage sur le mien. Je sens le pouvoir monter en moi. L'éclair s'estompe et il m'annonce :

« Tu es prêt ! Appelle ton pouvoir et tu découvriras comment l'utiliser ! »

         Comme cette nuit, il s'éloigne en s'estompant. Je l'appelle désespérément :

« Attendez ! J'ai besoin d'en savoir plus. Comment me servir de mes pouvoirs ? Et  si ça ne marche pas ? Et si je n'y arrive pas ?

_ Tu y arriveras ! Nous te faisons confiance ! »

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

Sans un mot de plus, le décor redevient le club de tennis. Me voilà devant mes démons (au propre comme au figuré !). Ce niais de démon du feu me hèle encore de sortir de là.

« Ok, je sors ! Tu vas découvrir mes pouvoirs, dis-je pour me donner de l'assurance.

_ Quoi ? Tu vas m'attaquer au tuyau d'arrosage ?

_ Non. Je vais utiliser le pouvoir de l'eau. »

         J'ai pris une voix la plus sérieuse possible. D'ailleurs, j'y crois assez. Je sens quelque chose de spécial en moi. Mon regard se fait soudain plus déterminé. Je suis convaincu. Il le lit sur mon visage et cesse de faire son crâneur.

« Tu bluffes encore ! Je ne te crois pas !

_ C'est ce qu'on va voir ! »

         Il m'a dit d'appeler mes pouvoirs, appelons-les !

« A moi le pouvoir de l'eau ! »

         Rien.

=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

         « Putain ! Ça commence à faire chier ce truc ! Y m'a dit d'appeler  mes pouvoirs, que ça suffirait pour apprendre à m'en servir ! Alors, pourquoi ça marche pas ? Je les ai appelé mes pouvoirs ! Alors, ça devrait marcher ! Qu'est-ce qui cloche ? J'ai dit : A moi les pouvoirs de l'eau ! Qu'est-ce qui faut que je rajoute : Torrent Aquatique ? ! »

         Vous me croirez si vous voulez, c'est ça qui fallait dire. C'est magique ! Une falaise imaginaire apparaît et un torrent descend et s'écoule sur le sol en fonçant à toute vitesse vers Julien. Trop fort ! La puissance est inimaginable. Cette lame d'eau le touche de plein fouet. Il croise les bras et lance une croix de feu. Elle est aussitôt éteinte et il est submergé par l'attaque. Il hurle de douleur.

         Moi, je jubile. Il me jette un regard et prend peur.

« Oh mon dieu ! C'est un des quatre Fondateurs qui t'a donné ce pouvoir !

_ Les Fondateurs ? Si ce sont les guerriers en armure qui vous ressemblent mais qui sont gentils, alors ce sont eux !

_ C'est pas vrai ! Alors, seulement tu peux contrôler les éléments, mais tu es aussi leur protégée. Il faut que j'en parle au Maître »

         Il se consume dans un brasier comme lors de sa première attaque en me prévenant :

« Tu t'es lancé dans une bataille d'où tu ne sortiras pas vainqueur !

_ Cool, j'en parlerai à mon chien !

_ Tu paieras ton insolence par ta mort ! »

         Il disparaît en me lançant une boule de feu. Je me protège le visage mais ne reçoit rien. Je lève la tête et voit une barrière d'eau où s'est planté le feu qui s'éteint rapidement. C'est quand même pratique.

         Je tourne la tête et voit que le torrent a disparu. Très vite, ma barrière s'estompe aussi. Devant moi apparaît ce chevalier bleu.

« Tu t'es bien battu. Je te félicite. Mais sache que cette victoire n'est qu'une petite partie de tout ce qui t'attends.

_ Pourquoi m'avoir choisi moi ?

_ Parce que tu as une force incroyable, qui, nous en sommes surs te permettra de vaincre l'ennemi qui menace cette planète. Acceptes-tu ta mission ?

_ J'ai le choix ?

_ Pas vraiment...

_ Super. Bon, ben, c'est d'accord. Je sais pas dans quoi je me suis lancé mais je sens que je ne vais pas tarder à le découvrir. Et vous allez commencer par me dire qui vous êtes !

_ Tu le découvriras bien assez tôt, répond-il.

_ Ah non ! Vous n'allez pas disparaître comme les autres fois ! »

         Je me jette sur lui pour lui attraper le bras et l'empêcher de se volatiliser. Mais je lui passe à travers et tombe sur le sol.

« Nous n'existons pas dans ce monde. Nous ne pouvons que nous projeter sous forme d'hologrammes. Nous ne pouvons pas rester très longtemps. »

         Comme pour joindre le geste à la parole, son image commence à trembler.

« Sois prudent ! Nous saurons là pour te guider mais tu devras faire face seul ! Nous avons confiance en toi, annonce-t-il avant de disparaître. »

         Je reste à terre, sonnée. C'est beaucoup de révélations quand même. J'essaie de les rassembler dans ma tête mais une voix me tire de mes pensées :

« J'ai un de ces mal de tête ! »

         Ma sœur ! Elle s'est réveillée ! Je cours vers elle et la serre dans mes bras.

« Qu'est-ce qui m'ai arrivé ?

_ T'as eu un malaise. Je t'ai amenée là pour que tu sois à l'ombre. J'ai eu trop trop peur !

_ Ouais, ben, maintenant ça va ! Ne culpabilise pas ! J'ai sûrement un peu forcé !

_ Ouais, c'est sûrement ça. Repose-toi encore un peu avant qu'on y aille.

_ Non, ça va ! J'ai juste mal au crâne !

_ Dans ce cas, on y va ! »

         Je l'aide à se relever et on repart vers la voiture. Heureusement, elle ne voit pas la porte a moitié fondue. Je crois que je n'ai pas fini d'en inventer des mensonges !

Ma foi, si ça peut sauver le monde, ça vaut le coup, non ?

********************************TBC**********************************

         C'est la fin du premier épisode ! J'espère que ça vous a plus malgré le peu d'action qu'il y a eu. Il y en aura plus dans les prochains épisodes. Là, je voulais poser le décor et lancer l'intrigue. A partir de maintenant, ça va bouger !

         Au fait, si ça vous intéresse, sachez que j'ai deux autres fan-fics qui elles, ne sont pas originales : une sur Digimon et une autre sur Sailor Moon ! Si ça vous intéresse, vous pouvez les lire ! Elles sont sur le site ! Et si l'une des trois vous a plu, laissez-moi une ch'tite review ! Ça fait toujours plaisir et ça motive !

         Voilà, c'est tout !

@+

~TK~

(C'est mon p'tit surnom sur le net !)