Bon remarques, réflexions, ou une faute d'orteaugrafe particulièrement agaçante (c'est clair que j'en ferais de toutes façons... ç_ç... pas très douée... sorry.) aiguma_a@yahoo.fr Quoique maintenant que j'ai une relectrice qui corrige mes photeuh ça va mieux ^o^ J'ai plus le droit de lui dire merci (elle veut pas sinon elle dit que ses chevilles enflent trop... petite nature influençable !!! )

Jeremy&Gabriel

Partie 15.

Jeremy se préparait, aidé par son fidèle Peweety. Trois semaines qu'il était à Londres. Et il n'avait pas revu Gabriel depuis son départ précipité du domaine. Jeremy n'avait pas essayé de le contacter non plus, malgré l'envie qu'il avait de le revoir. D'abord parce que ce n'était pas lui qui était parti en 'claquant la porte'. Et ensuite parce que ce n'était pas lui qui était en tort. Mais il doutait que Gabriel, buté comme il était, ne cherche à le revoir de lui même. Le hasard ou le destin, selon la façon dont on voulait nommé cela, se chargerait de les mettre en présence. Mais en fait en trois semaines il ne l'avait croisé nulle part. Ils étaient pourtant sensés fréquenter les mêmes cercles. A croire que Gabriel l'évitait. C'était une possibilité, mais elle laissait peu de place au hasard. Peu importait pour l'instant. Il avait renoué avec les amis qu'il avait délaissé ces dernières semaines.

Ce fut l'un d'eux, William, comte de V. qui lui reporta des nouvelles du 'jeune Duc de R.' au cours d'une de leurs parties de cartes :
"Hier, j'étais chez la Duchesse de M. et j'ai vu la plus exquise des apparitions."
Jeremy ne releva même pas la tête de ses cartes. William tombait sous le charme d'une femme tous les trois jours. Mais Thomas l'invita à continuer. Il était toujours prêt à écouter n'importe quelle histoire que l'un d'eux avait envie de raconter.
"Racontez-nous, je vous en prie, ne nous faites pas languir."
"Une blondeur, je n'avais jamais vu ça. Des pommettes roses absolument charmantes, des yeux remarquables... et un sourire ! Une telle grâce, une telle présence. Incroyable. Vous l'auriez vu, vous diriez comme moi."
Jeremy avait des problèmes avec ce qui était blond et charmant. Pourquoi tout s'acharnait à lui rappeler Gabriel ?
"Et alors, qu'avez-vous fait ?"
"Rien. Malheureusement elle était accompagnée. Je ne peux pas rivaliser contre un Duc. Lord Ravenclaw était avec elle. Ils formaient, je dois l'avouer, un bien joli couple."

Le coeur de Jeremy manqua un battement. Sans lever les yeux de son jeu, il demanda des précisions sur un ton indifférent.
"Sait-on qui elle est ? Il est rare de voir des visages inconnus dans ce genre de réceptions."
"Non. On m'a dit qu'elle venait de France. Paris sans doute."
"Jeremy ! Si même vous, vous vous mettez à interroger William, nous n'aurons jamais fini !" s'exclama Edouard qui n'avait pas l'habitude plus que les autres de voir son ami s'intéresser aux récits de William.
"Désolé, j'étais intrigué. C'est tout."
Ses amis ne répliquèrent pas, mais ils savaient bien que Jeremy ne posait jamais de questions comme ça. Ils apprendraient des détails sur cette histoire d'une façon ou d'une autre... Ils étaient curieux, comme tout le monde.

**********

Jeremy rentra chez lui, furieux. Peweety fut assez intelligent pour ne pas se mettre sur sa route car sinon, il aurait sûrement un meurtre à son actif. Pas étonnant que Gabriel, ce petit rat, l'évite depuis qu'il était revenu. Ah une idée excellente que Peweety avait eu de lui remettre la bague de sa famille. Il n'était pas près de la revoir. Il fallait qu'il voit cette garce de ses yeux. Elle était probablement de l'Ordre. Elle venait d'Europe et c'était là-bas que Gabriel avait fait son apprentissage. Jeremy se demandait si Ethenly n'avait pas raison. Si le comte lui avait proposé une alliance à cet instant, il aurait dit oui sans hésiter. Cet Ordre était une plaie qui le démangeait de façon démesurée. Et dans cet état d'esprit, il aurait dit oui à n'importe quoi qui projetait de s'en débarrasser.

Bien sûr, il y avait la possibilité qu'elle ne soit pas de l'Ordre. Que ce soit une jeune fille tout à fait normale. Avec qui il était parce qu'elle était charmante et sans aucune arrière pensée comme l'utiliser pour servir l'Ordre et son ambition personnelle. Mais Jeremy préférait laisser cette hypothèse de côté. Parce que si l'autre le mettait en colère, celle-ci le mettait dans une rage folle.

D'abord il fallait qu'il les voit. Tous les deux. Mais maintenant qu'il savait que Gabriel l'évitait, il allait devoir forcer le destin pour se retrouver en sa présence. Il envoya un mot à la Comtesse de N. pour lui annoncer qu'il ne pourrait malheureusement pas venir à la réception qu'elle organisait parce qu'il devait justement se rendre sur ses terres. Il le signalerait à ses amis au passage. Nul doute que cela arriverait aux oreilles de Gabriel. Il reviendrait bien sûr, miraculeusement le matin même de la réception, enverrait un mot à la Comtesse pour lui signaler qu'il était de retour à Londres plus tôt que prévu et qu'il pourrait finalement assister à sa soirée.

***********

Le plan de Jeremy fonctionna aussi bien qu'il l'avait souhaité. Il était rentré le matin de bonne heure et il arriva même suffisamment tôt chez la comtesse pour les voir arriver. Il regretta presque de l'avoir fait. Il les vit entrer et, comme tous les autres invités, il ne put s'empêcher de retenir son souffle.  Et on avait osé lui dire qu'ils formaient un joli couple. C'était bien au-delà de tout ça. Ils avaient l'air complètement fait l'un pour l'autre. Hypocritement, Jeremy se dit qu'avec leur blondeur commune on pouvait les prendre pour frère et soeur. Cette pensée n'avait bien évidemment traversé l'esprit de personne d'autre. Même la vieille Lady June n'y trouvait rien à redire.
"Ils sont si bien assortis ! Même si elle ne vient que de la bourgeoisie française, cela n'aura rien d'humiliant pour lui."

Jeremy qui luttait depuis un moment pour garder un visage souriant, sentit son sourire déraper en grimace de dégoût. Cette sale petite fouine le séduisait à grand renfort de minauderies dignes de la dernière des garces, il lui apportait problèmes sur problèmes sur problèmes et quand il avait le malheur de lui mettre les points sur i, il portait en claquant la porte et en prenant des airs de vierges outragées, son cher Peweety lui donnait LA bague (comme si ce n'était déjà pas assez humiliant pour lui, hein !) et cet ignoble individu au physique trompeur trouvait le moyen de le remplacer lui ! LUI ! Lui avec la première greluche venue ?! Il était duc, il était plus riche et il était nettement plus beau que cette garce. Sentant que les traits de son visage devenaient de plus en plus instables et qu'il n'arrivait pas à garder ses yeux loin de l'ignominie depuis cinq minutes qu'ils étaient là, il décida que quelques minutes à profiter du calme du balcon ne pourraient que lui faire du bien.

Le balcon le calma mais pas suffisamment longtemps. Une voix vint le tirer de sa paix intérieure. Qui de paix intérieure n'en avait que le nom car il ne cessait de se répéter son nouveau mantra. (Je vais les tuer, je vais la tuer et je vais torturer ce crétin jusqu'à ce qu'il meure.)

"Lord Coventry ?"
Jeremy se retourna pour se retrouver avec son pire cauchemar. Un mètre soixante, les yeux noirs, des traits fins, de très jolies boucles blondes. Et un sourire chaleureux que vous ne pouviez vous empêcher d'adorer. Enfin sauf dans le cas de Jeremy puisque le dit sourire lui donna envie de lui casser ou arracher les dents une par une. Entre autres choses.
"Nous n'avons pas encore été présentés, je crois ?"
Jeremy se força à garder ses mains sur la balustrade pour s'empêcher de l'étrangler ou de la jeter dans le vide. Il afficha son sourire le plus froid et le plus hautain.
"Non en effet."
La jeune fille parut légèrement troublée de sa froideur. Elle ne devait pas être habituée à ce qu'on lui serve ça.  Soit dit en passant, Jeremy dans d'autres circonstances, aurait été plus qu'heureux d'une telle rencontre mais pas quand elle était la cavalière de Sir Je-Suis-Beaucoup-Trop-Inconstant Ravenclaw.
"Je m'appelle Annabelle Tulsarc."
"Vous connaissez déjà mon nom je crois."

Lady Lavande qui avait vu son petit protégé et ami Lord Coventry se retirer sur le balcon, se décida à le suivre. Elle était spécialiste ès-Coventry. Et ce n'était pas dans les habitudes de Jeremy de s'isoler de la sorte. Elle fut assez surprise de le voir en compagnie de la très remarquée cavalière de ce petit prétentieux de Ravenclaw qu'elle n'aimait absolument pas depuis qu'elle l'avait rencontré la première fois. Elle le fut encore plus quand Sir Jeremy lui demanda de transmettre à ce Ravenclaw que son amie s'était trouvée mal et était sur le balcon alors que visiblement la jeune fille, étonnée par ce discours, allait parfaitement bien.

Jeremy regarda la surprise sur le visage d'Annabelle. Apparemment Gabriel avait omis de lui donner certaines informations à son sujet. Et d'ailleurs quand il arriva, très peu de temps après, l'inquiétude se lisait sur son visage.
"Jeremy !"
"Ah Gabriel... Cela fait un certain temps, n'est-ce pas ?" répondit Jeremy avec nonchalance.
Gabriel n'apprécia pas et se planta devant lui, le regard noir.
"Qu'est-ce que tu lui as fait ?"
"Moi ? Absolument rien." répondit-il sans prêter attention à sa bague qui le démangeait.
"Oh bien sûr et son malaise était dû à quoi ?"
"Je n'ai pas fait de malaise." intervint Annabelle qui ne comprenait pas encore entièrement la situation, mais en avait à présent une assez bonne idée.
"Oh. Dans ce cas... Je ne sais pas à quoi tu joues, Jeremy mais..."
"Moi ? A quoi je joue ? C'est toi qui m'évites. Et c'est cette fille qui est venue troubler ma tranquillité. Si je m'étais écouté c'est son cadavre que tu aurais trouvé."
"Je ne sais pas pourquoi, ça ne m'étonne pas de toi. Après tout quand on sait de quoi tu es capable, le meurtre n'est pas si éloigné..."
"Moi ? Je te signale que j'ai du faire le ménage après toi. J'ai retrouvé Jane."
Gabriel leva les yeux au ciel. "Je ne vois pas pourquoi je m'acharne à parler avec toi. Je devrais pourtant avoir compris étant donné la dernière fois."
"Quoi ?! Parce que tu mets ça sur mon dos ? Mais vas-y je t'en prie... ce n'est pas comme si tu n'étais qu'un gamin qui passe son temps à mentir et à se servir des gens!"

Jeremy rentra de nouveau et trouva Lady Lavande, qui eut le bon goût de ne pas le questionner sur Mademoiselle Annabelle Tulsarc et Lord Gabriel Ravenclaw. Il ne s'attarda pas trop après ça, arguant la fatigue de son voyage, qu'il ressentait de toute façon puisqu'il s'était vraiment rendu dans son domaine pour recruter de nouveaux employés suite à la malencontreuse défection de son intendant et de sa famille, et promis à Lady Lavande de lui rendre bientôt visite. Sa vieille amie lui manquait. Elle en savait beaucoup sur sa famille et il s'était souvent confié à elle. Il ne le ferait sûrement pas cette fois-ci, mais il lui rendrait visite, cela l'apaiserait sans doute, même s'il ne lui parlait pas de ce qui le troublait réellement.

Gabriel avait eu l'air vraiment inquiet pour cette française. Et c'était ce qui avait fait le plus de mal à Jeremy. Comment croire qu'elle était, comme lui l'avait été, une vulgaire mission assignée par l'Ordre, quand il avait vu sa réaction ?

*******

Jeremy reçut ses amis chez lui le lendemain. Il était vraiment dans un état second. Edouard, William et Thomas ne l'avaient jamais vu si apathique. Leur ami n'avait jamais été le genre enjoué mais restait dans le neutre, derrière un visage impassible, qui laissait parfois voir un sourire. Un Duc anglais tout ce qu'il y avait de plus typique en somme. Mais ce jour là... Il s'en prit même sans raison apparente à son domestique, alors qu'eux tous savaient que leur ami l'adorait. C'était ce vieil homme qui l'avait élevé. Le comportement de Jeremy aiguisait de plus en plus leur curiosité.

Thomas le plus conciliant, et celui qui était le plus proche de Jeremy, essaya en vain de lui soutirer des renseignements. Tout ce qu'il reçut pour sa peine, fut la colère de Jeremy. Edouard, William et Thomas ne s'attardèrent pas chez lui. Mais comme ils voulaient toujours savoir ce qui n'allait pas avec leur ami, et qu'ils ne supportaient pas l'échec tout comme lui, ils inventèrent un petit stratagème. Indolore bien sûr. Du moins c'est ce qu'ils pensaient, honnêtement.

*******

Jeremy qui avait eu, depuis, trois jours pour se calmer, arriva chez Thomas, beaucoup plus serein que lors de leur dernière rencontre. Pour une fois, il avait prévu d'arriver un peu plus tôt que les autres pour pouvoir s'excuser auprès de Thomas d'abord. Cela lui en coûtait d'abandonner son retard mondain habituel, mais s'excuser n'était pas sensé être agréable, n'est-ce pas ? Son ami ne parut pas étonné de le voir arriver le premier. Ou s'il l'était, il n'en montra rien.
"Jeremy, asseyez-vous. Et vous débarrassez-le et prévenez les cuisines de faire préparer le thé." finit-il en s'adressant au domestique qui avait conduit Jeremy jusqu'au salon.
"Thomas, comment allez-vous depuis la dernière fois ?"
"Très bien, et vous ?" demanda Thomas en arquant un sourcil montrant que la question n'était pas si innocente que cela.
"Bien."
"Dans ce cas."

Thomas resta silencieux et attendit patiemment ce qu'il savait devoir arriver. Jeremy finit par céder et après quelques toussotements gênés, il réussit enfin à articuler ce qu'il voulait.
"Très bien. Je suis désolé. Je n'avais aucune raison de m'emporter de la sorte."
Thomas sembla réfléchir un instant avant de revenir à son sourire habituel.
"Et bien, je suppose que je ne peux pas espérer mieux. Vous nous avez inquiété ces derniers jours, Jeremy. Mais je suppose qu'il n'y a rien que vous souhaitiez partager avec moi ou les autres."
"Me croiriez-vous si je vous disais que j'ai eu des problèmes pour recruter les nouveaux domestiques pour mon domaine ?"
"Non, c'est ennuyeux mais ce n'était pas cela. De toute façon, je n'ai jamais compris pourquoi vous teniez tant à faire cela vous même."
"Alors je crois que des explications plus plausibles se feront un peu attendre... Je..."

On entendit la cloche de la porte d'entrée. Les deux autres devaient arriver.
"C'est sans importance, de toute façon. Les choses ne vont pas toujours dans le sens où je veux qu'elles aillent, mais..."
"Jeremy ? Mon Dieu, quelque chose vous aurait donc résisté ? Il fallait bien que cela arrive un jour."
"Merci, pour votre soutien, Thomas, et dire que vous passez pour le plus sympathique d'entre nous."
"C'est une réputation complètement surfaite, si vous voulez mon avis."
"Je m'en aperçois." sourit Jeremy.

La porte s'ouvrit dans son dos. Il ne prit pas la peine de se retourner. C'était Edouard. C'était toujours William le dernier... enfin celui qui arrivait habituellement juste avant lui. Edouard se fichait d'arriver le premier la plus part du temps. Thomas se leva et Jeremy sentit sa chevalière le piquer.
"Ah, William, vous voilà. Et vous avez amené le Duc à ce que je vois."
Jeremy mit un certain laps de temps avant de réaliser ce que son ami avait dit, et se retourna immédiatement après avoir réalisé. Il y avait, en exagérant un peu, pléthore de Ducs à Londres à cette époque de l'année... mais il fallait qu'il s'agisse du seul que Jeremy ne tenait absolument pas à voir. Gabriel avait posé les yeux sur lui et paraissait, pour ceux qui avaient eu le loisir d'étudier les infimes changements de son masque, surpris. Jeremy se leva, sentant la colère montée en lui à nouveau. Il ne savait pas ce que ses amis avaient préparé, mais cela partait très mal.
"Thomas, vous ne m'aviez pas dit que nous élargissions notre cercle aujourd'hui."

Le reproche dans la voix de Jeremy était évident. Thomas pinça les lèvres, mais avant qu'il n'ait pu répliquer quoi que ce soit, un domestique faisait entrer William suivi de l'admirable Ethenly. Jeremy avait l'impression d'être dans un cauchemar. Gabriel regarda alternativement Ethenly et Jeremy, en calculant probablement les chances qu'il avait de s'en sortir en ayant assassiner deux personnes. Jeremy était dans le même état d'esprit, sauf qu'il imaginait plutôt le meurtre de cinq personnes. Ethenly souriait de toutes ses dents. Apparemment lui avait su exactement qui il trouverait à cette petite réunion. Edouard, Thomas, et William sentaient la tension dans la pièce mais ne savaient pas exactement à quoi elle était due.

"Jeremy, Gabriel, ravi de vous revoir. Cela faisait quelques temps que nous ne nous étions pas vu tous les trois." fit Ethenly. "Quelle bonne idée, Comte C. de m'avoir convié à cette petite réunion."

A suivre.